Annales de V Acad, d’archéologie de Belgique , XII
2. Voyez un autel de ce genre à Marseille, Annales archéologiques, liv. I et II, 18 J 1.
Le fameux reliquaire de Maëstricht doit attirer tout notre intérêt : « C’est, dit M. Labarte, une boîte plate d’argent de forme rectangulaire, ayant o’n,09 de hauteur sur ora,075 de largeur. L’un des côtés est entièrement couvert par un tableau d’émail cloisonné, où l’artiste a figuré la sainte Vierge à mi-corps, élevant les mains vers une petite figure du Christ, placée comme dans le ciel, au haut du tableau (voyez l’image russe de Bogolioud). Ces figures se détachent sur le fond du métal. La sainte Vierge a un vêtement bleu-lapis qui revient sur la tête, et dont les manches sont bleu clair; les carnations sont rosées, le nimbe vert. Le bas-relief de l’autre côté représente l’Annonciation. Marie est debout, l’ange est devant elle la main levée. Ces figures sont d’un dessin correct et d’un fini achevé, mais elles tendent à l’allongement des proportions. Ce bel objet doit appartenir à la fin du xT siècle ou aux premières années du xne siècle. »
Voici encore une notice que nous transmet M. le chevalier Hoof de Iddekinge sur ce monument précieux du culte de Marie1 :
« La face de ce reliquaire, si précieux et si rare, représente sur une plaque d’or, légèrement voûtée, la Mère de Dieu au moment de l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ. La sainte Vierge y paraît levant les mains et les yeux vers le ciel. Dans l’angle droit de la partie supérieure, on voit le ciel étoilé et la Missio Verbi incarnati qui s accomplit. Cette représentation porte tous les caractères de l’art grec. Les deux figures sont travaillées en émail cloisonné et translucide; dans celle de la sainte Vierge on distingue jusqu’à huit couleurs différentes. Derrière cette figure on remarque une inscription grecque fort mutilée, que nous n’avons pas réussi à déchiffrer; la dent inexorable du temps a également détérioré la plus grande partie d’une inscription plus longue en émail blanc sur fond bleu formant tout le contour de la pièce. Il est difficile de déterminer avec certitude l’époque
1 Voyez Didron aîné, Quelques Jours en Allemagne, p. 9, et James Weale, Bulletins, p. 57.