‹ La Sainte ViergeChapitre 833 sur 1187 · MIDDELBOURG · texte numérisé non relu

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des produits de l’art byzantin ; cependant l’analogie de l’émaillure de la couronne impériale allemande, de la couronne hongroise de saint Etienne et surtout d’un diadème byzantin conservé au Musée national de la Hongrie à Pesth 1 nous autorise à placer l’origine de notre plaque émaillée à la première moitié du xie siècle et à assigner Byzance même comme lieu de son origine; nous nous trouvons confirmé dans notre opinion par la composition pleine de noblesse de l’image de la sainte Vierge, qui rappelle les émaillures les plus parfaites de la célèbre pala d’oro de Venise.

« Nous n’osons décider si la représentation ciselée de l’Annonciation qui orne le revers de notre boîte appartient à la même époque, surtout parce qu’il nous paraît fort douteux qu’elle ait été fabriquée pour la destination actuelle. En effet, on distingue assez clairement que la jointure entre la partie antérieure et la partie postérieure appartient au xvne siècle, ce qui se confirme par la confection négligée des écailles gravées sur le bord. Les figures ciselées de la partie dorsale sont travaillées de main de maître, et l’exécution ne porte pas les marques de la confection machinale qui caractérise un si grand nombre de produits de l’art grec. I.eur taille svelte rappelle involontairement les exemplaires de l’École limousine de la fin du xip siècle ou du commencement du xiiP siècle. L’ange chargé de la mission céleste est désigné par les lettres ap tabh (archange Gabriel), et entre lui et la sainte Vierge est placée sur cinq lignes la salutation angélique : xepe kexaphto-menh okymeta-coy2. « Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. » A l’intérieur du reliquaire, l’encadrement du verre est également d’une époque moderne; au contraire, le reliquaire proprement dit, qui paraît être d’argent doré, est antique. 11 est divisé en quatre compartiments, loculi, séparés par de petites bandes

1. Voyez docteur Fr. Bock, Die ICleinodien des heil. Roemischen} Reiches, etc.} Vienne, 1864, pl. I, fig. 1 ; pl. XXV, fig. 34 ; pl. XVI, fig. 23 ; pl. XXVIII, fig. 58 et j9.

2. Xatpe, >ce5(i«.ptxco(j.sv'n, ô Kùpic; asra oou. (Luc, I, 28.)

dorées, placées verticalement ; il est très-vraisemblable que ce reliquaire avec son contenu (que la tradition et les anciens inventaires disent être de l’encens des rois mages) parvint en Occident du temps des croisades, peut-être même à l’occasion de la prise de Constantinople (1204) et devint la propriété de l’église Notre-Dame à titre de donation 1. «

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