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CH. XII. — ANGLETERRE
Maria, Mater gratiæ,
Mater misericordiæ,
Tu nos ab hoste protégé Ethora mortis suscipe.
Et cette autre : « Jésus, fils de Dieu, et toi, ô mère, ô Marie! Puisse mon esprit te vénérer comme tu mérites, puisse mon cœur t’aimer comme il le doit, puisse mon corps te servir comme il est de son devoir, puissé-je dépenser ma vie dans ton service et puisse tout mon être te prier dans l’éternité! Béni soit Dieu à jamais. Amen. Amen. »
Eadmer, compagnon de saint Anselme, a écrit des pages très-touchantes sur l’amour de Marie pour son fils, amour ineffable et qui n’avait pas besoin de frein, puisqu’il visait au Créateur luimême. « Personne ne peut entendre l’amour de Marie pour son fils en restant tout à fait étranger à sa douceur; personne ne peut goûter cette douceur sans espérer en avoir quelques parcelles en récompense. Quelle a été la récompense de l’amour de Marier1 Tous les chrétiens le savent, puisqu’ils croient avec certitude qu’elle a été exaltée au ciel et élevée au-dessus de tous les chœurs angéliques1. »
Le vénérable Bède montre que la purification de Marie n’infirme pas le dogme de sa pureté, puisqu’elle ne se soumet que par humilité à une loi qui n’était pas faite pour elle2.
Mrs. Jameson s’est trompé en supposant que le titre de Notre-Dame ait été appliqué par les âges de la chevalerie à la sainte Vierge. Lavedi était l’appellation familière aux Anglo- Saxons, comme Notre-Dame sainte Marie, celle des Anglo-Normands, et Our Lady St. Mary celle des Anglais. Dans les chartes anglosaxonnes du ixe siècle, signées par des rois et par des évêques, elle est toujours appelée Dei genitrix, domina nostra 3 ou sancta Maria, regina gloriosa Dei Genitrix 4.
OElfric, au xc siècle, l’appelle reine du ciel :
1. De excellentia. B. V. M., cap. iv; in app. ad op. saint Anselme, tome II, page 167.