Pone scribentium tôt esse millia
Quot habeat nemora frondes et folia,
Quot cœli sidéra, guttas Maria,
Indigne Virginis scribent præconia.
Cum laudes Virginis promere studeo,
Penso materiæ pondus et paveo
Quæ huic congruant verba, non habeo;
Vincor et fateor me vinci gaudio.
SANCTUAIRES ET IMAGES
célébrer les louanges de cette Vierge, je considère le poids d’une telle matière et je m’effraye. Je ne trouve point de paroles qui en soient dignes, je suis vaincu, et j’avoue ma défaite avec joie. »
Messe de N.-D. — L’origine de la messe votive est ordinairement attribuée à un Anglais, à Alcuin ; mais il paraît qu’il en prit l’idée sur un missel de Tours. Dans le livre des sacrements d’Alcuin on trouve deux messes de Notre-Dame; à la collecte on lit : « Accorde-nous, ô Seigneur, nous t’en supplions, que nous, tes serviteurs, jouissions constamment de la santé du corps et de 1 âme, et que par la glorieuse intercession de la bienheureuse Marie, toujours vierge, nous soyions délivrés des peines temporelles et que nous parvenions aux joies éternelles. » A la secrète : « Puisse, ô Seigneur, par ta propre miséricorde et par l'intercession de la bienheureuse Marie, toujours vierge, cette oblation nous procurer paix et bonheur en cette vie et en celle qui doit venir, etc. » Cette messe était du samedi l.
Les messes commémoratives de Marie se disaient à l’aurore. La cloche de Marie, en annonçant le jour, réveillait le monde endormi. On se hâtait pour y assister. Il est question dans le valor Ecclesiasticus du salaire qu’on donnait aux clercs qui chantaient la messe de la bienheureuse Vierge à la chapelle appelée Salve, dans la cathédrale de Salisbury, suivant la fondation d'un ancien évêque, Richard Pore. A
aint-Paul de Londres, Eustache de Fauconbrigge, évêque en 1215, assigna des terres pour subvenir à la dépense de cette messe.
Non-seulement la cathédrale, les abbayes, les églises collégiales, mais les simples paroisses avaient en Angleterre cet usage de la messe de Marie, à laquelle plusieurs prêtres ou moines étaient consacrés. Les châteaux eux-mêmes possédaient leur messe de Marie et les grandes familles anglaises n’auraient pas voulu négliger cette touchante dévotion2.