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Le petit Office et Prime. — Le bréviaire romain moderne a trois formes d’offices pour la sainte Vierge : l’un pour les fêtes, l’autre pour le samedi, et le troisième appelé le petit Office. Ce dernier remonte, dit-on, au vie siècle, mais il fut revu et remanié au xic siècle par Pierre Damien. Le pape Urbain II, dans le concile de Clermont (1096), l’imposa comme une obligation aux prêtres et aux religieux. Comme le petit Office était court et pieux, beaucoup de laïques se joignirent au clergé pour le réciter, nonseulement en public, mais aussi en particulier. Il devint la .principale dévotion des classes instruites. On l’honora par de splendides manuscrits et ce fut un des premiers textes qu’on imprima l.
Des livres de prières qu’on appelle communément Primes, et destinés au peuple, avaient existé aussi dès les anciens temps.
Ce fut vers la tin du xie siècle que la récitation de l’Office de Notre-Dame s’étendit à l’Écosse. Les pieuses femmes qui le récitaient depuis l'aube jusqu’à tierce, c’est-à-dire neuf heures, croyaient imiter Notre-Dame en prière au temple2.
Litanies. — Lorsque saint Augustin s’avança avec ses moines au-devant du roi Ethelred, il chantait des litanies. On a discuté la question de savoir si elles étaient comme celles du bréviaire romain, où le nom de la sainte Vierge, après celui du Sauveur, précède tous les autres saints. Il est admis toutefois que cet usage remonte au viii® siècle. Dans une litanie anglosaxonne, publiée par Mabillon, les mots sancta Maria, ora pro nobis, sont répétés trois fois3.
Voici un charmant conte que nous trouvons dans les écrits de saint Pierre Célestin, et qui rappelle la piété des vieux Anglais envers Marie et leur goût pour les prières répétées. Il y avait en Angleterre une veuve dont le fils unique, petit garçon qui avait appris en même temps que
r. Père Bridgett, Our Lady' s dowry, page 138.