‹ La Sainte ViergeChapitre 850 sur 1187 · P. Bridgett, page · texte numérisé non relu

P. Bridgett, page

2 Id.j Our Lady’ s dowry } page 228.

ait besoin de s’y arrêter, nous nous contenterons de rappeler le poeme de St. Aldhelm et les écrits de Bède.

Conception. — Quelques personnes font honneur à saint Anselme de l’institution de cette fête. En effet, dans le concile provincial de Cantorbéry tenu en 1328, on dit que, pour suivre les traces de ce grand docteur, on célébrerait cette fête dans toutes les églises du diocèse. En Orient, elle était célébrée bien plus anciennement. Passaglia croit qu’elle le fut avant le xie siècle à Naples et en Espagne. Toujours est-il qu’au xne siècle elle était déjà répandue en Angleterre.

Dans un vieux bréviaire danois, nous lisons plusieurs leçons attribuées à la fête de la Conception, dont nous rapporterons succinctement le sens. Lorsque Guillaume eut défait Harold et conquis l’Angleterre, il apprit que le roi des Danois songeait à venir venger sur lui son parent; alors il se prépara à la résistance et lui envoya l’abbé Helsin, homme prudent et connu pour son amour de Dieu et de la sainte Vierge. Il s’acquitta heureusement de sa mission, mais au retour il se vit assailli par une terrible tempête au milieu des écueils. Les pauvres navigateurs commencèrent dans ce grand danger à invoquer le Seigneur et sa sainte Mère. Après qu’ils eurent humblement et dévotement prié Dieu, un ange du Seigneur, revêtu d’une robe blanche, apparut près du vaisseau et, appelant l’abbé par son nom, lui dit : a Abbé Helsin, viens et parle-moi; je suis un ange envoyé au sujet de la conception de la bienheureuse Vierge. Si vous voulez échapper au danger qui vous menace, promets à la très-sainte Mère de Dieu que vous célébrerez la fête de sa conception, le jour où cette Vierge incomparable, qui devait être la Mère de Dieu, fut conçue dans le sein de sa mère, et apprends aux autres à célébrer cette solennité. »

a Comment, répondit le prudent abbé, pourrai-je célébrer cette fête, puisque je ne sais pas le jour de sa conception. » Le messager céleste

SANCTUAIRES ET IMAGES

reprit : « Le six des ides de décembre est le jour révéré de sa conception, et le même office que pour la Nativité sera dit pour la conception, en changeant seulement le mot nativitas pour le mot conceptio. s A ces mots, le messager céleste disparut. Le vénérable abbé, tombant àgenoux, fil vœu à la bienheureuse Vierge de célébrer la fête. Aussitôt la tempête s’apaise, le ciel redevient serein, un vent favorable enfle les voiles, et on voit bientôt apparaître les côtes d’Angleterre. On se hâte de publier cette merveille, et le saint abbé, non content d’introduire la fête dans son monastère, en prêche tout autour de lui la célébration. Cet événement se rapporte à 1067 G (Voy. Ier vol., p. 23.)

L’histoire est rapportée en mêmes termes dans deux documents attribués à saint Anselme. Le poète anglo-normand Wace ou Eustacius, qui écrivait de 1150 à 1170, nous a laissé un poème sur la conception et la vie de la sainte Vierge ; il commence par dire que jusqu’au roi Guillaume la fête de la Conception n'avait jamais été célébrée en Angleterre :

N’en fu onques parole oïe,

Qu’à nul tans ainçois feïst on Feste de sa Conception,

Dessi c’au tans le roi Guillaume.

Ce poème a été publié par MM. Mancel et Tributien de Caen, sous ce titre : V Etablissement de la fête de la Conception Notre-Dame par Wace. La même histoire a été reproduite au xive siècle en vers anglais de dialecte septentrional.

Quelque idée qu’on ait de ce miracle et de cette vision, l’existence de l’abbé Helsin sous les règnes d’Edouard et de Guillaume, et même son voyage en Danemark sont des faits historiques qui donnent une certaine autorité à la légende elle-même. Ajoutons que saint Anselme, ayant été promoteur de celte fête, prouve par cela qu’elle était déjà en usage dans les abbayes bénédictines. On trouvera aussi ce récit dans le

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