‹ La Sainte ViergeChapitre 89 sur 1187 · SAIN T- V EN AN CE · texte numérisé non relu

SAIN T- V EN AN CE

Cette petite église, annexée au baptistère de Saint-Jean-de-Latran, fut érigée en 638 et dédiée à saint Venance par le pape Jean IV1, qui fit transporter les corps des saints Venance, Domnus, Anastase, Maure, Astère, Septime, Supplicien, Lélius, Antiochianus, Paulin et Cajanus, et les plaça sous l’autel. 11 fit représenter leurs images en mosaïque. Le pape Théodore, successeur de Jean IV, termina l’œuvre que son prédécesseur n’avait pu achever, et son image se trouve peinte avec les autres en mosaïque. On y vénère une image de la sainte Vierge qui

1. Les mosaïques furent exécutées sous le pontificat de Jean IV (639+642). Le livre pontifical dit bien que Jean IV fit construire cet oratoire près du baptistère de Latran ( Juxta fontem Lateranensem) } mais il 11e parle pas des mosaïques. Seulement l’inscription qui est dans la mosaïque fait mention de l’ouvrage de Jean.

CH. II. — ROME

a fait donner à cette antique chapelle le nom de la Madonna ou de Sancta-Maria-ad-fontes . à cause du voisinage du baptistère. L’image qu’on voil aujourd’hui sur l’autel, entourée de peu de marques de vénération, n’est pas couronnée et paraît une peinture moderne. Mais au-dessus de cet autel s’élève la fameuse madone du vu0 siècle, dans laquelle les protestants sont obligés de saluer la position souveraine de Marie. Sous le Sauveur, dans une moindre dimension, la mère de Dieu est figurée debout, les mains étendues dans l’attitude de la prière, la tête couverte d’un long voile qui laisse entrevoir un béguin blanc sur ses tempes. Elle est vêtue d’une robe violette, d’un manteau violet sous lequel on distingue le pallium crucifère. Cette figure donnerait à elle seule l’âge des mosaïques. Par son costume, par sa position d’orante, elle rappelle les premiers exemples d’iconographie chrétienne, et notamment la fameuse bible syriaque de Florence. Enfin elle offre une preuve remarquable de la position triomphante que les fidèles de tous les temps ont attribuée à la Vierge Immaculée (Pl. LXXXVIII.) Les figures qui l’accompagnent semblent s’incliner vers elle, lui offrir leurs livres, leurs pensées, leurs prières. Cette ligure nous offre surtout une

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