ANCONE
près la ville éternelle, les Etats de l’Eglise ont droit aux premières stations de notre pèlerinage, stations souvent douloureuses par le souvenir de récentes et sacrilèges spoliations, mais ;elui si vivant de la sainte msolera un peu de la vue de ces iniquités. Comme à Rome, nous suivrons dans notre marche la suite alphabétique des villes.
La cathédrale d’Ancône est un des monuments le plus curieux et le plus célèbre de la Renaissance romaine en Italie, elle reçut de notables embellissements en 1148 et 1186, et enfin, au xme siècle, Magaritone y ajouta le joli porche de la façade. La sainte Vierge n’a pas été oubliée dans ce sanctuaire; nous citerons, entre autres monuments faits en son honneur, un bas-relief dans la crypte, représentant la madone entre les deux saint Jean, le Baptiste à sa droite, l’Evangéliste à gauche ; elle est assise sur un trône garni de coussins; elle porte l’enfant sur son bras gauche, lequel tient un livre de ses deux
mains. Marie est nimbée, voilée ; elle porte sur sa tunique un manteau avec broderies sur les bords. Cette sculpture, par la manière des plis, semblerait remonter au xne siècle, mais à cause des nimbes radiés rares alors nous hésitons à lui attribuer une si grande ancienneté1.
Sur une petite place, voisine du port, s’élève une jolie église romane, dédiée à la très-sainte Vierge ; sur la façade occidentale qui regarde le port, au milieu des arcatures qui l'enrichissent on remarque une madone, les bras étendus; la ressemblance de ce bas-relief avec celui de Notre-Dame-du-Port à Ravenne, qui arriva en Italie avant à l'époque de la construction de cette église , laisse supposer chez l’artiste la pensée de reproduire la célèbre image; il semble qu’il ait voulu en même temps représenter l’Annonciation, car on voit un ange les bras étendus vers Marie dans une des arcatures de gauche. (PI. CX1I.)