‹ La Sainte ViergeChapitre 927 sur 1187 · Lectures on the Ms s. Materials , page · texte numérisé non relu

Lectures on the Ms s. Materials , page

3. Colgan, après avoir rappelé cette hymne, ajoute : « Ut colligitur ex argumento eidern hymno præfixo, author floruit tempore Adamnani abbatis et Longseci Hiberniæ Regis qui cœpit regnare anno 694. »

Nous empruntons la plus grande partie de nos documents sur l’Irlande au remarquable livre de Mgr Moran, Essays on the origin} doctrines and discipline of the Early Irish church. — Dublin, 1864.

nan, vers la lin du vie siècle composa une hymne latine en l’honneur de la Mère de Dieu qui devint bientôt célèbre et prit place dans la liturgie de l’Eglise. L’hymnologiste allemand, Mone, a découvert trois manuscrits de cette hymne : l’un qui appartient au ixe siècle et les autres au vme. Colgan en avait une ancienne copie entre les mains. On la trouve aussi dans le célèbre Liber Hymnorum dont nous donnons la transcription au lecteur :

i° Cantemus in omni die concinentes varie

Conclamantes Deo dignum hymnum sanctæ Mariæ.

20 Bis per chorum hinc et inde collaudamus Mariam,

Ut vox pulset omnem aurem per laudem vicariam.

30 Maria de tribu Juda, summi mater Dornini, Opportunam dédit curant ægrotanti homini.

4° Gabriel advexit verbum sinu Patris paterno,

Quod conceptum et susceptum in utero materno.

J° Hæc est summa hæc est sancta virgo venerabilis, Quæ ex fide non recessit sed extitit stabilis.

6° Huic matri nec inventa ante nec post similis Nec de proie fuit plane humanæ originis.

70 Per mulierem et lignum mundus prius periit,

Per mulieris virtutem, ad salutem rediit

8° Maria Mater miranda patrem suum edidxt,

P er quem aqua late lotus totus mundus credidit.

90 Hæc concepit margaritam, non sunt vana somnia, Pro qua sane Christiani vendunt sua omnia. io° Tunicam per toturn textam Christo mater fecerat, Quæ peracta Christi morte, sorte statim steterat. ii° Induamus arma lucis loricam et galeam,

Ut simus Deo perfecti, suscepti per Mariam.

12° Amen, amen, adjuramus mérita puerperæ,

Ut non possit flamma pyræ nos diræ decerpere.

1 30 Christi nomen invocemus angelis sub testibus,

Ut fruamur et scribamur litteris cœlestibus.

Cantemus in omni ..

A cette belle hymne est ajouté, dans le Liber Hymnorum, le verset : « Sanctæ Mariæ meritum imploramus dignissimum; ut mereamur solium habitare altissimum. »

Le manuscrit irlandais de Bâle (marqué A. VIL 3.) porte en plus une prière à la sainte Vierge

qui commence par ces mots : « Singularis meritis sola sine exemplo, mater et virgo Maria. » Souvent après l’hymne à sainte Brigide, dans le même manuscrit , on trouve de ferventes invocations à la mère de Dieu : a Sancta Virgo, beatissima virginum Maria, intercède pro nobis. »

CH. XII

IRLANDE

Chaque strophe de l’hymne de saint Cuchumneus proclame quelque prérogative de la sainte Vierge. Elle est « la mère du grand Seigneur, la plus grande, la plus sainte, la plus vénérable vierge; elle est incomparable; sa naissance échappe à la souillure commune des autres mortels. Elle guérit les blessures des hommes ; elle répare la faute d’Eve. Elle tisse la robe sans couture; elle offre l’emblème de l’unité de l’Église ; elle intercède pour nous et nous garde contre les attaques du démon. »

Le martyrologe de Tallaght au 18 décembre marque la Salutation de Marie par Élisabeth, fête qui alors paraît avoir été peu connue dans les églises continentales.

Aenghus Ceile De, dans son calendrier métrique, composé avant 800, marque ainsi au 3 mai la fête de l’immaculée Conception, qui dans d’autres contrées était célébrée le 8 décembre.

On peut voir le texte chez les bollandistes au 3 mai; voici la traduction anglaise qu’en fit Eugène Curry :

The chief finding of the tree of the cross

Of Christ with many virtues ;

The death of Condlaedh , noble chief;

The great festival of the virgin Mary.

Messes. — Le principal monument de l’ancienne liturgie irlandaise qui nous soit parvenu est le missel de Bobbio, contenant deux messes en l’honneur de la sainte Vierge; une pour ses fêtes en général et l’autre pour l’Assomption. Dans la première nous trouvons cette prière : « Écoutenous, ô Seigneur , Père saint , tout-puissant Dieu, qui par l’intermédiaire de sainte Marie daignas illuminer le monde. Nous supplions humblement ta majesté de nous donner par sa protection ce que nous ne pouvons obtenir par nos mérites. Nous te demandons, ô Seigneur, que les joies de sainte Marie nous accompagnent et que par ses mérites l’arrêt dû à notre péché soit effacé. »

Dans la dernière messe, on lui donne des titi es admirables : « Charitate decens pace gau-

dens, pietate præcellens ; ab angelo gratiâ plena, ab Elizabeth benedicta, a gentibus prædicatur beata : cujus nobis fides mysterium, partus gaudium, pacem quam in assumptione matris tune præbuisti discipulis, nobis miserere supplicibus. « Elle est appelée encore : « Speciosus thalamus de quo decorus procedit sponsus ; lux gentium, spes fidelium, prædo dæmonum, confusio Judœorum, vasculum gloriæ , templum cœleste. b Elle est comparée à Ève: « Ista mundo vitam protulit, ilia legem mortis invexit, ilia prævaricando nos perdidit, ista generando servavit. b Enfin il est dit que son âme a été couronnée de différents diadèmes. Les apôtres lui rendent hommage, les anges entonnent des cantiques en son honneur, le Christ l’embrasse, les nuées forment son char, le paradis sa demeure, dans laquelle, foute parée de gloire, elle règne parmi les chœurs des vierges1.

Le canon de la messe donne la formule ordinaire : Memoriam venerantes in primis, etc. 2.

Msr Moran cite, comme preuve de l’idée sublime qu’avaient, de la sainte Vierge, les anciens Irlandais, la fréquente comparaison qu’ils établissaient entre elle et leur grande patronne, sainte Brigide. Dans toute la vivacité de la poésie irlandaise, sainte Brigide est la merveille du genre humain, la plus sainte et la plus grande des mortels, mais toujours le dernier terme de leur enthousiasme est qu’elle ressemble à la mère de Dieu. Les privilèges et la dignité de Marie sont supposés partagés par Brigide. Ce que Marie est pour toute l’église, Brigide l’est pour l’Irlande, aussi l'appelaient-ils la Marie de l’Irlande 3.

Dans l’hymne: « Alta audite xà spya,» sur les privilèges de sainte Brigide, la dernière strophe déclare que, dans sa gloire, « consedit in cathedra cuin matre Maria. »

Dans l’hymne : « Christus in nostra insula n,

1. The Bobbio Missal apud Mabïllon Muséum Italie uni , tome I, part. II, page 298.

Page 1