‹ La Sainte ViergeChapitre 939 sur 1187 · CH. XII. — MALTE · texte numérisé non relu

CH. XII. — MALTE

quelques tentatives sur les villages voisins de la ville de la Vallette, ils s’avancèrent dans la gorge; ils s’arrêtèrent pour puiser de l’eau dans la baie de la Melleha, où ils virent avec effroi venir à leur rencontre une armée nombreuse qui obligea la flotte à lever l’ancre avec tant d’empressement et de confusion que beaucoup de barques chargées d'hommes coulèrent à fond ; huit Turcs n’ayant pas eu le temps de s’embarquer tombèrent dans les mains des Maltais, qui apprirent d’eux la triste aventure de la flotte.

L’armée qui parut pour la défense de Malte était certainement conduite par la Vierge puisque les chrétiens n’avaient pas l’idée d’aller de ce ce côté et se trouvaient campés au village Nasciaro, à six milles du port de Melleha.

L'image miraculeuse fut un instrument de délivrance, de la peste principalement en 1626 et 1676, des calamités de sécheresse spécialement en 1468.

Par elle des galères furent souvent délivrées comme il arriva à Borrea en 1681, et à Fra Jean- Baptiste Spinola en 1700.

Cette sainte image n’était pas seulement en grande vénération auprès des chrétiens ; mais les Turcs eux-mêmes lui envoyèrent de leur pays des provisions de cire et d’huile J.

MADONE-DE-LA-GROTTE (à Notabile).

Le premier couvent fondé à Malte par les frères Prêcheurs, à peu de distance de Notabile, fut élevé sous l’invocation de Notre-Dame-dela-Grotte, appelée par les paysans Tal-Ghar. parce que l’église du couvent est construite au-dessus d’une grotte. Elle eut pour origine une apparition de la sainte Vierge qui se fit voir pendant son sommeil à un habitant de la ville. Le fait est confirmé par la tradition des

1. Les écrivains qui se sont occupés de ce sanctuaire et de la vénérable image sont : P. -Jérôme Manduca, jésuite ; Histoire de saint Pullius ; — Guill. Gumppenberg, jésuite, Atlas Mananus ; — Gianfrancesco A bêla, Mal ta illustrata ; — et enfin Abbate Pirri, Sicilia sacra.

Pères, conservée dans les archives de leur couvent.

Cette vision eut lieu dans les circonstances suivantes :

« Un jour deux habitants de Notabile, chassant de ce côté, entrèrent dans une grotte pour se reposer, l’un repartit bientôt pour ses affaires, tandis que l’autre s’y endormit. Lorsqu’un long temps se fut écoulé, le premier s’inquiéta de son ami, et il se mit à le chercher partout sans succès et sans pouvoir obtenir à son égard aucun renseignement. Il crut alors qu’il s'était enfui de Malte. Un an et trois mois après, cet homme passant par hasard devant la grotte l’aperçut enfin sortant sain et sauf et le visage inondé de joie. Frappé de stupeur, il s’en approcha et lui demanda ce qu’il était devenu ; « Je suis, répondit l'ami, toujours resté dans la grotte depuis le peu d’heures que vous m’avez quitté ; mais quelle délicieuse vision ! J’ai aperçu une noble dame avec son enfant dans les bras, l’un et l’autre d’une beauté si extraordinaire qu’aucune parole ne peut l'exprimer. Je suis surpris du peu de temps qu’a duré cette apparition qui ne peut m’avoir montré que la mère de Dieu et le Sauveur. »

On laisse à penser son étonnement lorsqu'il apprit que ce peu d’heures avait été seize mois.

La renommée du miracle fit bientôt le tour de l’île et l’évêque pour conserver la vénération due à un lieu ainsi sanctifié fit élever dans la grotte un autel surmonté de l’image de la mère de Dieu.

Peu de temps après, trois pères de l’ordre des Prêcheurs y vinrent fonder leur couvent. Monseigneur Antonio de Alagone, alors évêque de Malte, leur fit don de la grotte, ainsi qu’il résulte de l’acte de donation en date du 27 juin 1466, conservé dans les archives du couvent.

Cette sainte grotte fut ensuite tenue en grande estime chez les Maltais, non-seulement à cause de la vision qui s’y était produite, mais encore à cause de différents miracles que la sainte

SANCTUAIRES ET IMAGES

Vierge s’est plu à opérer en faveur de ceux qui invoquaient son nom.

On cite parmi les œuvres miraculeuses de la Madone-de-la-Grotte, ce qui arriva à Thomas Gianello, cornette royal de l’escadre des galères de Malte. Voyant par la furie de la tempête l’antenne de sa galère tomber sur le cap, il se recommanda à la Vierge-de-la-Grotte et fut sauvé du danger. Retourné à Malte il alla rendre grâce à sa bienfaitrice.

Une fois, par inadvertence, le sacristain oublia de mettre l’huile dans la lampe selon sa coutume, et cependant elle resta allumée jour et nuit du samedi au mercredi. Après ce miracle une femme qui avait un fils estropié s’approcha avec une foi vive pour prendre un peu de cette huile miraculeuse et, en invoquant le nom de la mère de Dieu, elle en frotta la partie malade et obtint aussitôt la guérison tant désirée.

On voit dans cette grotte diverses tablettes votives, signes des grâces opérées par Dieu à l’intercession de la très-sainte Vierge.

L’histoire de la Madone-de-la-Grotte est autrement racontée par Gumppenberg. Selon lui, à la suite d’un naufrage, saint Paul, ayant été obligé de passer l’hiver avec saint Luc dans l’île de Malte, y prêcha l’Évangile et fit des conversions. Les néophytes creusèrent une crypte où saint Luc peignit l’image de la mère de Dieu, son œuvre admirable a toujours résisté à l’humidité du lieu et aux outrages du temps. La crypte n’a jamais cessé d’être en grande vénération, et dès que les empereurs le permirent, les habitants construisirent au-dessus une église dont la chapelle' souterraine continua à garder l’image et où beaucoup de miracles furent opérés L

LA MADONE-DES-DOULEURS (■ vénérée dans l’église de Saint-Jacques à la Vallet te).

En septembre 1646, vinrent à Malte six vais-

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