‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 104 sur 110 · LA CHARITÉ DANS L'AMB DE MARIE · texte numérisé non relu

LA CHARITÉ DANS L'AMB DE MARIE

souffert de le voir, dans sa divine Personne, méconnu et maltraité. Par-dessus tout, elle souffrait de 1* obstination du Sanhédrin persécuteur, de Tincrédulité dlsraël, du péché qui abondait autour d'elle. Si grand est le mal de Toffensé divine, que Dieu même a voulu se faire homme et en souffrir, et qu'il a toujours demandé aux siens, à Marie ^surtout, d'en sentir amèrement la peine.

Pourtant, la paix intime et une joie du fond de rame, que Marie n'avait jamais perdues même aux heures les plus sombres de la Passion, demeuraient toujours dans son cœur. Et même, autant que nous pouvons conjecturer, ces dispositions de sereine félicité allaient, chez elle, se développant de plus en plus. Toute souffrance, même la plus sainte, même la plus voulue de Dieu en ce monde, cesse dans la vie du ciel. Les mystères de la Providence, impénétrables ou fragmentairement connus sur terre, se dévoilent; on voit pourquoi Dieu a permis le mal, et comment du mal il tire le bien ; on découvre des secrets de sa grâce, insoupçonnés ici-bas ; on comprend comment il a fait surabonder cette grâce pardessus l'abondance du mal, et comment le bien est le dernier mot de tous ses ouvrages; on acquiesce à tout ce qu'a voulu sa bonté, à tout ce qu'a permis sa sagesse, à tout ce que sa puissance a fait ; et enfin, on se perd dans l'amour du Créateur, admirable dans son œuvre, et, par delà son œuvre, beau et aimable à l'infini.

Ces vues et ces sentiments du ciel avaient toujours été d'une certaine façon, et maintenant ils étaient, plus que jamais, les vues et^ les sentiments de Marie. Car elle allait de plus en plus montant

dans la lumière et s*abimant dans Tamour; car aussi, depuis la résurrection et Taseension de son Fils, sa vie intime était de plus en plus une vie céleste. Où était son trésor, là était son cœur. Et si, dans toute âme chrétienne, par suite de son union avec le Cbrist, il y a un germe de la gloire et de la paix étemelles, il y avait en Marie une participati<m abondante, et presque béatifiante déjà, à la vie glorieuse de Jésus.

Page 1