I. Proverbes, iv, i8 (hëb
a. Saint Matthieu, ziii, la.
richesse divine, plus il va se multipliant, — et Ton trouvera une grâce accrue dans une proportion déconcertante, inappréciable à nos mesures, immense comme la mer. Pour en donner quelque idée, d'éminents docteurs supposent réunie, s'il se pouvait, la grâce de tous les saints et de tous les anges, et ils disent que Marie, à son dernier jour sinon déjà beaucoup plus tôt, dépassait par sa plénitude toutes ces eflusions de la libéralité divine sur la multitude des élus. Ils sont en droit, sans exagérer, de parler ainsi : car Marie, par son intime union avec son Fils, se trouve placée dans un ordre supérieur à celui des anges et des saints ; et, d'autre part, on peut concevoir la grâce grandissant sans limites et toujours plus, puisqu'elle est la participation d'un bien infini, de la vie et de la ressemblance de Dieu.
L'amour qu'elle portait en elle, amour proportionné à la grâce et actif agent de son développement merveilleux, parait être l'instrument dont Dieu se semt pour affranchir Marie des liens de la chair. N'ayant pas contracté la souillure originelle, elle n'avait pas, comme nous, contracté la dette de la mort. Cependant, puisque Jésus lui-même, sans prendre le péché, en avait pris sur lui toutes les suites, et très spécialement la mort, Marie devait lui être semblable. Innocente, elle avait, comme son Fils innocent, souffert tous les maux de la vie. Comme lui, elle devait mourir, et, comme lui encore, elle devait consoler et encourager notre faiblesse en passant, avant nous, par ce chemin qui nous effraie.
Mais, d'après l'opinion commune, elle ne sentit pas la décrépitude de la vieillesse, et la maladie n'eut pas de prise sur la très parfaite complexion de son corps virginal. Elle mourut, lorsqu'il plut à Dieu
de rappeler ; et, pour Tappeler, il n'eut, pour ainsi dire, qu*à laisser faire Tardeur de son amour. Car sa charité était capable de donner la mort. Sa vie se prolongeait, parce que Dieu fait ce qu'il veut dans sa créature, et augmente, comme il lui plaît, son pouvoir d'aimer, comme il augmente, à certaines heures, son pouvoir de souffrir. De plus, Marie ellemême avait l'empire sur ses passions, même les plus saintes, et il semble qu'elle ait pu régler les effets sensibles de son amour spirituel. Mais lorsque Dieu, soit tout d'un coup, soit plutôt peu à peu, retira son secours extraordinaire, et lorsqu'il permit à Marie de laisser déborder de plus en plus sur tout son être l'impétuosité de son amour, la vie physique dut être atteinte, les organes s'affaiblir, le vase de la chair se briser pour laisser la flamme ardente s'élancer au ciel.
Il ne faut pas, du reste, s'imaginer de ces violents assauts d'amour, tels qu'en ont parfois ressenti les saints. Si haute que soit la région où arrivent de pareils phénomènes, la perfection de Marie la dépassait de beaucoup. Chez elle, la divine charité était trop entièrement et trop paisiblement maîtresse, pour causer aucun brusque mouvement; elle possédait l'âme tout entière, et y grandissait sans obstacle; elle usait la vie du corps, non par des secousses réitérées, mais par une force constante, et irrésistible dans sa suavité.
Et quand cette toute-puissante douceur, affaiblissant le corps jusqu'au bout, eut enfin étendu Marie sur la couche où elle devait mourir*, le dernier lien
I. Marie, modèle de la rie chrétienne, reçut-elle le sacrement de Textrême-onction ? — La question est discutée. Il est parfaitement clair qu'elle ne pouTait le receroir, comme
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dut se rompre sans nul effort. La douleur, Tagonie, le martyre, elle les avait endurés jadis, avec Jésus; sa dernière heure fut un doux « sommeil », un « passage », une extase. Apôtres et saintes femmes durent voir la mère, qui tout à Theure leur parlait et les bénissait, se recueillir dans le silence, et fixer son regard au ciel, peut-être dans la vision sensible de son Fils. Et, imperceptiblement, dans un dernier sourire, Tàme quitta le corps sacré, sans en effleurer la paix inaltérable, a La charité ne meurt pointa » La Vierge était passée de la terre au ciel, sans que Texercice de sa charité fût interrompu ; mais maintenant, elle aimait dans k lumière sans ombre, dans la vision face à face, dans une gloire égale à sa plénitude de grâce, dans réterneile et bienheureuse possession de son Dieu.
Sur le temps et les circonstances de cette « dormition », point de document bien authentique, ni de tradition uniforme et incontestable*. Selon les
nous, â titre de remède au péchë. Mais l'extréme-onction est aussi un moyen dirinement institué pour augmenter la grâce chez les justes, et sanctifier leur mort ; mais encore, il y arait le bon exemple à donner. Ces raisons rendent soutenable l'opinion a£QrmatiTe.