PRÉPARATION PROPHÉTIQUE
mal, la guerre aura rendu désertes la Syrie et la Samarie, terres des deux rois redoutés d'Achaz : et, pour mesurer ce temps aux yeux de tous, un autre enfant va naître, fils d*Isaïe lui-même et figure de TEmma nuel, dont le nom prophétique indiquera que la région ennemie va être livrée au pillage ^.
Isaïe ne dit pas : « Une Vierge enfantera » ; il montre « /a Vierge concevant et mettant au monde» le Fils désiré. Est-ce pour bien marquer la singularité de ce prodige ? Est-ce pour relever la gloire unique et incommunicable de cette mère, de qui «la Vierge » sera dans tous les âges le nom distinctif ? Serait-ce aussi — cette seconde explication peut être vraie en même temps que la première — qu'on connaissait déjà par des prophéties antérieures ce qu'il répète ici avec une divine autorité, et que, dès avant lui, « k Vierge qui enfante » désignait la mère du Messie ? En tous cas, soit effet d'une prophétie précédente, soit conséquence de celle d'Isaïe, nous voyons que dès lors on parlait de cette femme bienheureuse comme d'un personnage connu. CarMichée, contemporain, un peu plus jeune, d'Isaïe, suppose, lui aussi, àla façon dont il la désigne, qu'elle est déjà présente à l'esprit de ses auditeurs. Après avoir prophétisé la naissance du Messieà Bethléhem,il ajoute, sans autre explication, que Dieu livrera son peuple à l'oppression « jusqu'au temps où enfantera celle qui enfante ' » .
C'est elle encore que, d'après l'interprétation la plus commune, paraît désigner Jérémie, lorsque, un siècle et demi plus tard, il annonce le retour de l'exil. Les strophes, dans lesquelles il presse ses