Antiquités judaïques, Wll^ m; XV, xi
4* Quatrième des Rois, xi, 3 ; Second défi Paralipomènes, XXII, la.
5. Od gagnera beaucoup à regarder longuement la « carte murale » où M. P. Aucler a si heureusement tenté une recons^ truction de Jérusalem au temps de Jésus-Christ.
tout Tensemble. Elle n'en occupait pas le centre géométrique. Elle s'élevait à moitié, ou à peu près, de l'espace compris entre le côté sud et le côté nord, mais beaucoup plus près du côté occidental, dont son chevet était fort rapproché, que du côté oriental. Devant l'entrée de ce sanctuaire, entrée tournée vers l'orient, car la « maison de Dieu » allait avançant vers l'intérieur du rectangle, était construit, à ciel découvert, le vaste autel sur lequel le feu dévorait les victimes. Puis, enveloppant au nord, à l'est et au sud, l'autel et le sanctuaire, et s'enveloppant de même l'une l'autre, s'étendaient deux cours rectangulaires concentriques, où se tenaient en plein air les adorateurs: celle des prêtres et des lévites, et celle d'Israël, dont une partie séparée était appelée cour des femmes. Hérode — qui commençait la reconstruction du Temple vers le temps même où Marie y fut amenée — entoura tout cet ensemble d'une troisième cour beaucoup plus vaste, celle des gentils. La séparation d'une cour à l'autre était faite non seulement par des balustrades, mais encore, par endroits, malgré l'inconvénient d'empêcher, pour beaucoup, la vue de l'autel et des sacrifices,- par de véritables bâtiments. C'est donc, assez probablement, dans l'un de ces édifices, sur l'un des pourtours les plus extérieurs, qu'il faut chercher l'habitation de celles qui étaient le plus spécialement consacrées au culte de Dieu. Là, sans doute, des femmes de prêtres ou des veuves élevaient dans la piété quelques enfants choisies, celles vraisemblablement qui, par suite d'un vœu, devaient passer près du lieu saint les années de leur adolescence.
Pour y faire admettre leur sainte enfant, Anne et Joacbim trouvèrent peut-être un utile auxiliaire dans leur parent, le prêtre Zacharie. LorsquHls ramenèrent au Temple, disent les Évangiles apocryphes el les Pères grecs, Marie avait trois ans. Ce détail n*est pas historiquement garanti; il n'est pas non plus sans quelque vraisemblance. Trois ans marquait, dans les coutumes juives, le terme de l'allaitement, et les parents de Samuel s'étaient hâtés de conduire, dès cet âge, leur fils au Tabernacle de Silo. Pourquoi les parents de Marie, si eux aussi étaient tenus par un vœu, auraient-ils été moins empressés de l'accomplir? D'autant que, du côté de Dieu lui-même, TËcriture nous fait toujours entrevoir une certaine hâte de recevoir les prémices, et surtout les prémices excellentes.
Autant que nous pouvons, par analogie^ conjecturer ce qui se passa au jour de la présentation, Anne et Joacbim firent offrir un sacrifice ; se tenant avec leur enfant dans la cour des femmes, ils adorèrent Dieu, lui rendirent grâces, et le prièrent d'agréer la très pure offrande, plus précieuse que tous les holocaustes, qu'ils amenaient devant son autel. Puis, Marie se sépara de ceux que, de tout son jeune cœur, elle avait déjà tant aimés, et auxquels elle ne préférait que Dieu seul; et, tandis que les saints vieillards la regardaient longuement s'éloigner, les femmes l'emmenèrent dans la partie du Temple où elle devait être élevée.
Les vieux narrateurs se plaisent à dire que Marie
I. « Anne... amena l'enfant, avec trois taureaux, un ëfâh de farine et une outre de Tin..,. Ils immolèrent un taureau et ils offrirent Fenfant à Hëli.... Et ils adorèrent le Seigneur... » - Premier des Rois, i, ^i^2S (béb,).
avait marché d'un pas rapide, qu'elle n'avait pas détourné la tête, et qu'on ne la vit pas, comme eût fait toute enfant de son âge, redemander ses parents. Légendaire et naïve expression de cette incontestable vérité que la Vierge, dans sa marche vers Dieu, ne connaissait ni retard ni hésitation ; elle se donnait simplement, sans réserve et toute entière; nulle attache terrestre ne retenait, dans sa droite et rapide ascension, son cœur épris de l'infinie bonté.
Les âmes consacrées à Dieu, soit pour le service de l'autel, soit pour la pratique des vertus évangéliques, se sont laissé ravir au spectacle de l'Immaculée, marchant joyeuse et sans détour vers le sanctuaire. Prêtres, religieux et vierges aiment à renouveler leurs plus saintes promesses au jour de sa Présentation : son exemple les entraine et leur redonne comme un élan de jeunesse ; et, dans la prière, ils lui demandent de garder jusqu'au bout, au service de Dieu, quelque chose de la pureté et de la droiture de son âme d'enfant.
L'enfance de Marie est, en effet, un modèle, même pour les «plus avancés. Le Sage parle d^une maturité des sens qui vaut les cheveux blancs, et d'une vie sans tache qui égale les années de la vieillesse*. Telle fut, dès ses premières années, la maturité de Marie. Jamais aucune faute actuelle — l'Église l'affirme* — pas même la moindre des défaillances vénielles, ne la rendit moins agréable aux yeux de Dieu.
Cette exemption absolue de toute faute person* nelle, comme l'exemption de la tache héréditaire,