I. Saint Luc, i
a. Les théologiens ont fait des hypothèses diverses. Sui- Tant saint Thomas (3' p., q. xxyiii, a. 4), il y eut d*ahord désir ou plutôt todu conditionné ; puis, la volonté de Dieu s'étant fait clairement connaître, vœu absolu au moment du mariage. — Selon Suarez, Mystères du Christ, U II, disp vi, sect. a : «... Beaucoup de vierges se sont consacrées à Dieu par le vœu de chasteté, presque dès le berceau : il y a bien plus de raisons de croire la même chose de la première de toutes les vierges, qui marche en tète de toutes les autres, et qui est leur parfait modèle. » — Je vois de graves raisons d'avancer, plus que ne le fait saint Thomas, la date de ce vœu ; je suis donc Topinion exprimée dans la phrase citée de Suarez. J'y ajoute la distinction entre la consécration totale implicite à Dieu et la consécration explicite par le vœu de virginité*
Vierge » ? t Après elle, des vierges seront conduites au Roi S; mais c'est elle qui lève sur le monde Tétendard de la virginité ; elle marche la première, soit que personne avant elle n*aitémis un pareil vœu, soit du moins parce que la plus belle des vertus appartient d*une façon spéciale à la grâce du Nouveau Testament, et qu^elle ne fleurit dans le monde qu'après Tidéale apparition de Marie et de Jésus.
En prenant un engagement si nouveau en Israël, Marie ne croyait certainement pas, comme on Ta dit parfois trop légèrement, qu'elle renonçait à devenir mère du Messie. Mais elle ne songeait pas non plus qu'elle allait au-devant de cette maternité. Bien éloignée de penser pour elle-même à une dignité si haute, et pleinement dégagée de toute considération personnelle, elle regardait Dieu seulement; son unique et très pure intention était de lui plaire. Ayant d'ailleurs Texpérience intime des touches de la grâce et sentant qu'elle suivait en cela la direction dç l'Esprit de Dieu, elle s'abandonnait à sa conduite: sans rien prévoir, elle s'en r^emettait à la Providence des difficultés où pourrait la jeter sa décision, à l'âge où toutes les autres prenaient une voie différente.
Selon le plan divin, le Verbe fait chair devait naître d'une vierge. Mais ce grand miracle ne devait pas être exposé aux regards et à la discussion des hommes : les justes le croiraient sur la parole de Dieu et sur le témoignage d'un très discret confident; aux incrédules, il demeurerait caché. Il devait être caché même aux démons, dit une très ancienne tradition * ; car c'est un sentiment très répandu et