‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 49 sur 110 · I. Aux Gala tes · texte numérisé non relu

I. Aux Gala tes

a« a O admirabile commercium ; Creator generis humani, animatum corpus sumens, de Virgine nasci dignatus est : et, procedens homo sine semine, largitus est nobis suam deita* tem. » Office de la Circonc/j/o/i, première antienne des Laudes.

108 LA SAINTE V1ËR6Ë.

austère, mission qu*il venait accomplir. Après les joies de la nativité, ce jour-là ne fut-il pas Ipour Marie celui des premières larmes ? Déjà son Fils souffrait ; et déjà ses futures douleurs se disaient confusément pressentir.

La pensée des souffrances rédemptrices allait être de nouveau rappelée à Marie dans une autre journée riche en mystères, où Dieu, par de grandes consolations etpar Tannonce de grandes épreuves, toucha profondément son âme.

Bientôt, en effet, c furent accomplis les » quarante « jours de sa purification, suivant la Loi de Moïse ^ Ils portèrent donc Te^ifant à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, comme il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout fils premier-né de sa mère sera appelé : consacré au Seigneur. Ils devaient aussi, comme il est marqué dans la Loi du Seigneur, ofirir pour le sacrifice une couple de tourterelles ou deux petits de colombes. » C^est en vue de pareilles ofirandes que des marchands de colombes et de tourterelles se tenaient aux abords du Temple, dont parfois même la négligence des prêtres leur laissait envahir les parvis.

«Or, voici qu*il y avait à Jérusalem un homme nommé Siméon *. Cet homme était juste et craignant ^ieu;il attendait la consolation d'Israël, et l'Esprit-

I. Saint Luc, ii, 23-39; texte commenté dans les pages suivantes.

3. On a cru reconnaître, dans ce saint personnage, Rabban Simëon, fils de Hillel et père de Gamaliel, scribe fameux, qui fut président du Sanhédrin. Cette identification semble loin d'être certaine, surtout quand on réfléchit combien le nom de Siméon était commun. Elle a été soutenue par Patrizi, de Evangeliîs^ lib. III, dissert, xxti, et favorablement présentée t>ar Fouard, dans sa Fie de Jésus'Christ,

PURIFICATION ET PRÉSENTATION AU TEMPIiE. 109

Saint était sur lui. Et il avait reçu de TEsprit-Saint cet oracle, qu'il ne verrait point la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. Dans un mouvement de cet Esprit, il vint au Temple, au moment oii les parents du Sauveur a amenaient Tenfant Jésus, pour faire à son sujet suivant les coutumes de la Loi*. »

Sauf la modestie et le recueillement, rien à Textérieur ne distinguait la sainte famille. Mais, guidé par un instinct divin, le vieillard n'hésita pas. S'approchant avec respect, il demanda qu'il lui fût permis de prendre l'enfant ; et, « l'ayant reçu dans ses bras, il bénit Dieu » de lui montrer enfin celui dont l'attente avait prolongé sa vie, « et il dit r> ces paroles inspirées :

Maintenant vous laissez aller votre serviteur, ô Maître, Selon votre parole, dans la paix :

Puisque mes yeux ont vu votre salut, Que vous avez préparé devant la face de tous les peu-

[ples.

Lumière pour dissiper les ténèbres des nations, Et gloire de votre peuple d'Israël.

«Le père et la mère de Jésus étaient dans Tadmiration de ce qu'on disait à son sujet. » Ce n'est pas que les paroles qui venaient de jaillir, ardentes et rytbmées comme un chant, du cœur de Siméon, pussent rien leur apprendre sur le Sauveur; maia c'était chose admirable de voir FEsprit-Saint le révéler aux

I . Les mots de saint Luc semblent dire que la rencontre de Siméon eut lieu non pas après la cërëmonîe, mais au moment où la sainte famille entrait au Temple,

LÀ SAINTE VIERGS. 7

âmes, à Elisabeth^ puis aux bergers, maintenant à Siméon, et d*entendre ces témoins, choisis de Dieu, célébrer les merveilles de Flncamation et de la Rédemption. Ces mystères, où éclatent la sagesse el la bonté divines, sont tels que les anges « les contemplent avec avidité^ ». Marie, dont les lumières dépassaient à divers égards celles des anges, les contemplait, elle aussi, avec d'indicibles sentiments de reconnaissance et d'amour; quiconque en parlait devant elle, surtout s'il en parlait magnifiquement et sous l'iaspiration divine, éveillait dans son âme de profonds échos, et la jetait dans Tadmiration et l'extase.

Son émotion et celle de Joseph s'accrut encore par l'arrivée d'un nouveau personnage. C'était « Anne », qu'on nommait « prophétesse », parce que l'Esprit- Saint la favorisait de ses révélations. Elle était «fille de Phanuel, de la tribu d'Aser, et déjà fort avancée en âge ; elle avait vécu dans le mariage sept ans depuis sa virginité, et ensuite était restée veuve jusqu'à l'âge de quatre-vingt-quatre ans», qu'elle avait alors. « Elle ne s'éloignait point du Temple, servant Dieu nuit et jour par ses jeûnes et ses prières. Survenant, elle aussi, à cette même heure, elle rendait hommage au Seigneur, et parlait de lui à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël. »

Cependant, Siméon n'avait pas dit encore tout ce que Dieu lui dévoilait. II « bénit » les parents de Jésus, les félicitant de la grâce qui leur avait été faite, et leur souhaitant des grâces nouvelles. Puis, « il dit à Marie, sa mère : Voici que celui-ci est établi pour la ruine et pour la résurrection de beaucoup en Is-

Page 1