L'ADORATION DES MAGES
< Ayant donc entendu le roi, ils s*en allèrent. Et voici que Tétoile qu'ils avaient vue en Orient » , et qui depuis avait disparu, se montra tout à coup à leurs yeux. Se mouvant, au gré de la volonté divine, dans les couches inférieures de l'espace , le météore < les précédait, jusqu'à ce qu'il vint et s'arrêtât au-dessus du lieu où était l'enfant ». Sa réapparition fut pour les voyageurs la consolation la plus douce. < Voyant l'étoile, ils se réjouirent d'une joie extrêmement vive. » L'ignorance et l'indifférence où l'on était à Jérusalem au sujet de la naissance du < roi des Juifs », les avaient sans doute péniblement affectés. L'étoile, sourire du ciel, faisait disparaître toute fâcheuse impression. Dieu était toujours avec eux, et continuait de les conduire ; ils ne se trompaient pas en venant à Bethléhem chercher son Messie.
Aussi, la pauvreté de la demeure au-dessus de laquelle l'étoile s'était arrêtée ne leur fit éprouver aucune hésitation, c Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l'enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent. »
Marie était le trône de ce roi naissant, auquel les princes de l'Orient rendaient hommage. Elle avait présidé à la première manifestation de son Fils, faite aux Israélites, les premiers appelés» et aux pauvres, les plus prompts à venir. Elle présidait maintenant à cette seconde manifestation, dans laquelle Jésus se montrait aux savants, aux grands du monde et aux gentils, manifestation qui, comme la première et plus encore peut-être, portait en elle le type du lointain avenir. Car savants, riches, princes et rois sont appelés au royaume de Dieu, et, s'ils n'entrent pas les premiers, ils entreront cependant, eux aussi, en foules nombreuses; car sur-
tout» les nations recueilleront vite Théritage abandonné par Israël, et formeront la masse de TÉglise chrétienne. Tous ceux qui viendront trouveront, comme aujourd'hui les mages» le Dieu fait homme entre les bras de sa mère. Et aujourd'hui déjà, Marie le présente et le révèle à ces prémices de la gentilité.
En effet, soit qu'ils aient parlé une langue sémitique voisine de Thébreu d'alors, soit plutôt secours d'un interprète, ou don des langues communiqué ce jour-là à Marie comme plus tard aux apôtres, on suppose assez communément que les étrangers s'entretinrent avec la Vierge mère; elle déposa dans leur âme les germes de la foi chrétienne et de la sainteté. N'est-ce pas de l'enseignement de Marie que vient le caractère surnaturel de leur hommage au nouveau-né ? Leur adoration, en effet, ne fut pas seulement la prostration en usage à la cour des monarques orientaux ; ce fut, suivant l'opinion commune, la reconnaissance de sa divinité.
Enfin, appelant leurs serviteurs et se faisant apporter leurs coffrets précieux, c ils ouvrirent leurs trésors, et offrirent comme présents » à Jésus « de l'or, de l'encens et de la myrrhe ». Ils présentaient au Dieu incarné l'encens, qui, chez les Juifs et en général chez les peuples antiques, était le parfum des temples et des autels ; par l'or et la myrrhe, ils entendaient honorer la puissance royale qu'ils avaient reconnue dès la première heure, et que possédait en toute vérité l'enfant de Bethléhem. Un dernier symbolisme, probablement ignoré des mages, était peut-être voulu de Dieu : la myrrhe présageait la mort et la sépulture du Rédempteur.
Nous ignorons si les visiteurs princiers demeurè-