‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 6 sur 110 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

tous tes secrets de cette âme, que nous en ignorerons même la plus belle partie. Mais, si la vérité totale nous échappe, il est cependant possible, et il faut avoir con* fiance de dire sur ce point des choses belles et des choses vraies. Elles se trouvent dans l'enseignement des théologiens, dont la réflexion persévérante a éclairé plus d'un problème de cette haute psychologie; dans les àiéditations des saints, dont Tâme, quoique de bien loin, ressemblait en quelque chose à l'âme de Marie et pouvait se faire une idée approximative de ses pensées et de ses affections ; dans le sentiment même de TÉglise qui, vivant de l'esprit de Jésus, ne se méprend pas sur l'esprit qui animait sa mère.

Troisièmement, il faut exposer le rôle joué par Marie dans le plan divin de l'Incarnation et de la Rédemption. Et, des trois parties du sujet, c'est celle-ci qui est la mieux connue. Car le rôle de Marie nous est révélé de Dieu ; il est du domaine de la foi et de l'infaillible enseignement de l'église. D'un mot, Marie est mère de Dieu, et, si Ton peut dire, aussi mère de Dieu^qu'elle pouvait l'être, associée par la disposition de la Providence et par sa libre coopération à tous les mystères du Verbe incarné. Ce point, éclairé de la lumière divine ellemême, éclaire à son tour toute la doctrine catholique sur Marie. Sa maternité est le principe et la mesure de tous ses privilèges. Il faudrait se le rappeler, si l'on était tenté de trouver quelque exagération dans toutes ces grandes choses que disent de Marie les Pères de l'Église et les saints. Assurément, elle est une pure créature, et reste infiniment au-dessous de Dieu. Et cependant, puisqu'il a plu à Dieu de se faire homme et de naître d'une créature, celle qui a été choisie pour coopérer, à titre de mère, à ce grand dessein de l'Incarnation, se trouve élevée à un rang absolument à part. Sa sainteté dépasse celle de tous les anges et de tous les hommes, parce que c'est la sainteté d'une mère de Dieu; ses titres et ses privilèges, qui seront exposés au cours de l'ouvrage,

PRÉPA3E. V

sont des titres et des privilèges incomparables , parce qu'ils tiennent à sa divine maternité. Ainsi, mère du Dieu incamé et Rédempteur, elle est aussi mère des hommes, corédemptrice et médiatrice du monde, reine des anges et de tout Tunivers ; reine et mère qui, dans la grandeur transcendante de sa personne, contient en quelque façon et symbolise l'humanité et même la création tout entière, surtout cette partie fidèle de la création, qui forme la, grande Eglise des anges et des saints. Parmi ces aspects du rôle de la Sainte Vierge, que la réflexion chrétienne dégage peu à peu d'une façon toujours plus explicite, il en est un, spécialement glorieux pour elle et consolant pour nous, que je souhaiterais voir mis de plus en plus en lumière : celui d'associée de Jésus dans l'œuvre rédemptrice, et, par suite, de médiatrice avec lui, bien que dans un ordre inférieur, de toutes les grâces qui nous viennent du ciel. Si, pour sa petite part, ce livre pouvait contribuer à faire pénétrer cette doctrine dans les âmes, il serait moins indigne d'être dédié à Notre-Dame, en ces jours où nous célébrons le jubilé de la définition de sa Conception Immaculée ^ Quel meilleur moyen de fêter la solennelle reconnaissance d'un de ses privilèges, que d'en faire mieux connaître un nouveau ?

N. ^. — Dans la traduction des passages cités de récriture sainte, il a été tenu compte des textes originaux et de la Vulgate latine, édition officielle de l'Eglise. Lorsque la référence ne porte pas d'indication spéciale, on peut se reporter indifféremment à la Vulgate ou aux

I. Pour que ce volume parût à roccasion des fêtes jubilaires, il a fallu te hâter. Te dois exprimer ma reconnaitsance à un ami, dont le concours est opportunément survenu dans les derniers mois. H ne veut pas être nommé. Lui aussi prend part aux fêtes jubilaires, en chantant

Celle dont la beauté n^a jamais été peinte....

Vt PREFACE.

originaux ; la numérotation est la même, et il n'y a pa$ dans les mots de variante ou de nuance qui vaille la peine d'être relevée dans un travail du genre de celui-ci. Dans d'autres cas, il a paru utile de distinguer les textes ; par exemple, dans la traduction des passages prophétiques et poétiques de l'Ancien Testament, où Ton a essayé de rendre le caractère et le rythme de l'original. Alors, Tahréviation : héh, veut dire : texte hébreu; gr, = texte grec; Fulg, := FulgeUe, La numérotation des Psaumes et celle des livres des Rois, comptés de I à IV, est toujours celle de la Vulgate.

Dans les citations patris tiques, les références sont données d'après Migne. PG = Patrologie grecque; PL = Patrologie latine. PG., V, i66, doit se lire : Patrologie grecque, tome V, colonne i66.

LA SAINTE ViJEfeGE

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