I. Origène, sur ce passage ; PG., XIII, i85i
Usant de la liberté et de Tautorité d*une mère, et en même temps toujours respectueuse pour la sagesse de son Dieu, elle laissa échapper cette plainte : « Mon Fils, pourquoi avez-vous agi ainsi avec nous? Voilà que votre père et moi nous vous cherchions tout affligés. » Et il leur dit :« Mais pourquoi me cherchiez- vous? Ne saviez-vqus pas qu'il faut que je sois aux affaires de mon Père? » La réponse de Jésus dit précisément ce qu'il voulait faire entendre à ses disciples avenir, beaucoup plus qu'à ses parents : son indépendance, lorsque le réclamait le service de son véritable et unique Père. Marie et Joseph ne se méprirent pas sur ce sens parfaitement clair de sa parole. Mais, en même temps, la réponse restait obscure, car Jésus leur laissait ignorer de quelle façon l'œuvre de Dieu devait s'accomplir : allait-il continuer de se manifester au monde, ou, s'il revenait à la vie cachée, comment ce début se relierait-il à ce qu'il ferait plus tard, et enfin, quand et comment devait-il s'occuper au service de son Père? « Ils ne comprirent pas la parole qu'il leur avait dite » ; mais, discrètement et humblement, ils s'abstinrent de le questionner davan-
Si Jésus est le modèle des enfants, obligés parfois d'immoler leurs plus saintes affections à un devoir et à un amour supérieurs, Marie est bien aussi le modèle des mères auxquelles Dieu impose de pareils sacrifices. Elle en ressent toute l'amertume; elle se plaint même, tant la douleur a été vive. Mais douleur et plainte restent calmes et résignées. Humblement, elle s'incline devant celui à qui son enfsuit appartient infiniment plus qu'à elle-même; amou-^ reusement uuîe à la volonté de Dieu, elle accepte