‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 66 sur 110 · LA VIE DE TRAVAIL A NAZARETH · texte numérisé non relu

LA VIE DE TRAVAIL A NAZARETH

répreuve présente, les épreuves futures et les incertitudes de Tavenir; elle sait que Tintimité même de la mère et du Fils ne peut pénétrer aussi avant que celle du Fils et du Père céleste, et elle respecte entre eux les droits et les secrets divins.

Jésus « redescendit avec » ses parents, « et vint à Nazareth; et il leur était soumis. Et sa mère conservait toutes ces choses dans son cœur. Et Jésus avançait en sagesse en même temps qu*en âge» et en grâce devant Dieu et devant les hommes. »

Telle avait été la vie de la sainte famille depuis le retour d*Égypte, et telle elle fut encore jusqu'à la trentième année de Jésus. La paix était parfaite, dans Tautorité et dans la soumission. Et Ton pouvait remarquer, dans cette petite société de Nazareth, ce qui arrive souvent dans toute société humaine et dans rËglise même : Tordre de Tautorité et de la dépendance n'est pas le même que celui de la perfection et de la sainteté ; Dieu veut qu'on obéisse et qu'on commande, selon le rôle et les fonctions de chacun, non selon le rang des mérites et de la vertu ; le supérieur doit parfois respecter dans l'inférieur une perfection qui dépasse la sienne, l'inférieur doit toujours respecter dans le supérieur un pouvoir dérivé du pouvoir même de Dieu.

Ici, l'autorité et la sainteté se trouvaient précisément à l'inverse l'une de l'autre. Le chef de la maison était un saint, dont la perfection dépassait celle des plus grands, et pourtant, ici, il était le moindre ; il le savait, et se tenait dans l'humilité; et néanmoins, à sa virginale épouse et à son Dieu même il commandait sans crainte ni trouble, car il avait conscience de faire la volonté de Dieu et de parler

en son nom. Marie se tenait, comme doit être la femme, modestement soumise à Joseph; et elle aussi, adorant celui auquel elle commandait, donnait sans hésiter à Jésus ces mille petits ordres que donne une mère à son enfant, Tappelant, demandant son aide, lui imposant telle ou telle occupation, ou renvoyant faire quelque commission pour elle. Dieu avait demandé à Jésus, pendant trois jours et pour un motif spécial, de se soustraire à Tautorité paternelle; il lui demandait de rester, durant trente ans, soumis à cette même autorité dans tous les détails de la vie ordinaire ; en acceptant la condition humaine, le Sauveur avait accepté cette humble sujétion ; et lui, plus saint, plus sage, plus habile que ses parents de Nazareth, était docile à leurs moindres ordres et attentif à leurs moindres désirs. Car tel était le bon plaisir du Père.

On n*était pas toujours en prière dans la sainte maison; car on gagnait sa vie par le travail. La pauvreté est un trop puissant moyen de sanctification, pour que Dieu ne Tait pas imposée aux trois personnes dans lesquelles il se complut davantage. Il voulut la leur faire parfois éprouver jusqu*au dénuement : à Bethléhem, par exemple, dans la fuite en Egypte, et plus tard, quand Jésus, au temps de sa prédication, vivra, sans ressources fixes, des aumônes et de l'hospitalité de ses disciples. ÂTétat habituel, la condition de la sainte famille n'était pas la misère, qui d'ailleurs était rare dans le peuple d'Israël. C'était, semble-t-il, cette honorable condition des artisans, que le travail met au-dessus du besoin, mais qui, pour vivre, ont besoin de leur travail.

Joseph partait donc le matin pour aller à son atelier. Jésus, dans ses premières années, demeurait à

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