‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 79 sur 110 · I. Saint Luc, zi, ai7-a · texte numérisé non relu

I. Saint Luc, zi, ai7-a

8ode précédent. Il faut s^unir à Jésus par le cœur; écouter la parole de Dieu, et la mettre en pratique en faisant sa volonté. Quant à la comparaison marquée par le mot : « Heureux plutôt^ », entre la maternité divine considérée à part de la grâce, et la grâce elle-même, privilège de ceux qui gardent la parole de Dieu, les théologiens la développent en tenant compte de tous les éléments d*une question assez complexe. En peu de mots, la grâce sanctiGante remporte à divers égards, et surtout à Fégard de la béatitude, dont il question, sur la maternité divine considérée en faisant abstraction de cette même grâce; elle remporte surtout sur la maternité telle que la comprenait cette femme qui, sans avoir probablement ridée nette de la divinité de Jésus, témoignait pour sa mère une admiration humaine encore et terrestre. Et enfin, le but du Sauveur est surtout pratique : il veut exciter ses auditeurs à recevoir la bonne parole, et à vivre d*une manière conforme à leur foi.

Mais, par là même, une fois encore, il fait discrètement reloge de Marie, en qui la dignité de mère de Dieu et la plénitude de grâce sont, en réalité, inséparables : il reconnaît le bonheur qu*elle a eu de le mettre corporellement au monde, il y ajoute le bonheur d*avoir, mieux qu*aucune créature, reçu et gardé la parole de Dieu. Voilà pourquoi TÉglise, en plusieurs des fêtes de Marie et dans sa messe votive, lit précisément ce passage de TÉvangile. Avec la femme inconnue, elle élève la voix pour célébrer

I. Peut-être n'est-on pas unanime à reconnaître ce sens comparatif. Euthjmius Zigabène, par exemple, explique le mot de saint Luc non par « plutôt », mais par c vraiment, en ▼ëritë »• « MtvoOvYS, toutéotiv, àXijdOç. » PC, CXXIX, 978.

celle qui a porté et nourri Jésus ; avec Jésus luimême, elle nous avertit de ne pas nous arrêter là, et de voir en Marie celle qui gardait dans son cœur le Verbe, étemel objet de son amour; et enfin, avec Jésus encore, elle nous exhorte, tout en exaltant la mère de Dieu, à reproduire dans notre vie ce qui en elle est imitable, la fidélité à la parole du Seigneur. Le même enseignement se retrouve dans un troisiènie récit évangélique, où il n*est plus question de Marie, et que cependant la liturgie lui applique, par un symbolisme facile à saisir^.

Au cours d*un de ses derniers voyages, Jésus se trouvait aux portes de Jérusalem, à Béthanie, où habitait la famille qu'il aimait, de Marthe, de Marie et de Lazare. Marthe, à qui revenait le rôle de maitresse de maison, le reçut chez elle; sa sœur Marie alla s'asseoir aux pieds du Maître, et là, elle écoutait sa parole. Pendant ce temps, < Marthe s'occupait avec empressement des soins nombreux du service. S'arrêtant'donc, elle dit : Seigneur, vous n'avez point souci de ce que ma sœur me laisse seule servir ? dites-lui donc de m'aider. Le Seigneur répondit et lui dit : Marthe, Marthe, vous vous inquiétez et vous vous troublez de beaucoup de choses. Or, une seule est nécessaire. Car Marie^ a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point enlevée. »

La Vierge, Mère de Jésus, est en tout le modèle et ridéal. Femme par excellence, elle réunit en elle, sans mélange d'imperfection, tout ce que loue rÉvangile en Marthe et en Marie. Elle a reçu dans sa demeure le Verbe voyageur, elle l'a nourri, elle Ta servi de ses mains, et ses soins pour lui n'ont ni

I. Saint Luc, x, 38-42, évangile de la fête de TAssomption. a. Map(a Y^p) d^iis beaucoup de mss.

troublé la paix de son âme, ni interrompu sa contemplation ; elle a écouté tout ce que Jésus lui disait à elle ; modestement cachée dans la foule assemblée à ses pieds, elle a écouté ce qu'il disait au monde ; et sans cesser d'agir pour lui, elle a médité tous ses enseignements dans son cœur. Vraiment bienheureuse, comme le disait jadis Elisabeth ; vraiment bienheureuse, comme Jésus Ta dit de ceux qui gardent sa parole ; vraiment bienheureuse, comme TÉglise aime à le répéter en parlant d'elle! Et lorsqu'elle l'honore dans sa suprême béatitude, l'Église la voit encore se repaissant du Verbe de Dieu, non plus par la foi, mais dans la claire vision, et elle lui applique le mot de Jésus : < Oui vraiment, Marie a choisi la bonne part, qui, éternellement, ne lui sera point enlevée*. »

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