‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 8 sur 110 · CHOISIE POUR MÈRE DE DIEU · texte numérisé non relu

CHOISIE POUR MÈRE DE DIEU

effet en faveur de sa mère ; il veut non seulement la relever, comme les autres, de la déchéance originelle, mais Ten préserver à Tavance et totalement; de sorte que, toujours belle et agréable aux yeux de Dieu, toujours dans la lumière, toujours rapprochée de lui, elle occupe a ses côtés la place prédestinée à la mère de Dieu, et participe à toutes ses grandeurs.

Or, à Jésus-Christ est 'due la primauté en toutes choses. Et cela est vrai parla même que F Incarnation a lieu, et quel qu*en soit le motif. Car, indépendamment de son but, Tlncarnation est, par sa nature même, un complément merveilleux, librement surajouté par Dieu au monde créé. Elle achève la hiérarchie des êtres, en plaçant au sommet celui qui, Dieu et homme, réunit les extrêmes et rattache immédiatement la création au Créateur. Et, puisque, dans cette hiérarchie, chaque degré se rapporte à Dieu par le moyen du degré supérieur, il appartient de droit à celui qui occupe le degré suprême de rapporter à Dieu Thommage du monde tout entier.

Ainsi le Verbe, par qui tout a été créé, fait aussi tout retourner à Dieu. Et Dieu, pour ramener à luimême le mouvement du monde, Toriente tout entier vers le Verbe incamé. C'est lui, roi et médiateur de toute la création, qui est Tobjet premier et principal de Famour créateur : tout est fait pour lui ; tout, par lui, chantera la gloire du Très Haut. Et Marie, puisqu'elle est prédestinée pour unir Jésus au inonde, est immédiatement après lui, et avec lui, dans Tordre de la pensée divine, Taînée de toute créature, la reine dont le domaine est à l'avance préparé avec amour, celle qui doit apprendre au inonde à glorifier son auteur. Aussi pouvons-nous mettre dans sa bouche les versets, trop magnifiques

pour ne pas sembler déplacés dans la bouche de tout autre^ qui ont été littéralement écrits de Jésus :

Jahveh ma produite, en tête de sa voie,

Avant ses ouvrages, dès l'origine.

Dès l'éternité, j'ai reçu l'onction,

Dès le principe, avant que n'existât la terre.

Quand il n'y avait point d'abtmes, je suis née,

Quand il n'y avait point de sources remplies d*eaux.

Avant que les montagnes fussent établies.

Avant les collines, je suis née.

II n'avait pas fait encore la terre et les champs,

Ni la première des glèbes du monde ;^

Quand il affermissait les cieux, j'étais là.

Quand il décrivait une sphère sur la face de l'abîme ;

Quand il établissait les nuées en haut.

Quand il domptait les sources de l'abîme $

Quand il fixait ses bornes à la mer.

Et les eaux ne transgresseront pas son ordre $

Quand il constituait les fondements de la terre,

Moi, ouvrière, j'étais à ses côtés ;

Et j'étais ses délices chaque jour,

Me jouant devant sa face en tout temps,

Me jouant sur le globe de la terre ;

Et mes délices sont avec les fils de l'homme.

Maintenant donc, mes fils, écoutez-moi :

Et bienheureux ceux qui gardent mes voies !

Ecoutez mon avertissement, soyez sages,

Et ne le rejetez point.

Bienheureux l'homme qui m'écoute,

Veillant à ma porte chaque jour,

Attentif au seuil de ma demeure.

Car qui me trouve, trouve la vie :

Il obtiendra la faveur qui vient de Jahveh *•

I. Proverbes, viii, aa-36 (hëb.). — Cf. Ecclésiastique, xxnr, passage parallèle, dont TEglise fait également rapplication à

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