REINE DES ANGES ET DU MONDE
C'est, en efiet, surtout parce qu'il est médiateur de la faveur céleste, c'est-à-dire de la grâce, que Jésus — et toujours avec lui, proportion gardée, sa mère — appelle à lui les fils de l'homme, afin de les réunir à Dieu« Et, probablement^, ses relations sont les mêmes avec les autres créatures que Dieu a pii élever à l'état surnaturel, et en particulier avec les anges, que nous savons certainement élevés à cet état. Non seulement le Christ a, par rapport à eux, une primauté d'honneur; non seulement il est leur chef en raison de sa dignité et d'une médiation largement entendue, mais, vraisemblablement, il est, au sens propre, leur médiateur dans Tordre surnaturel, il est leur chef, comme il est le nôtre, parce que de lui la vie divine descend sur eux, comme sur nous. C'est pour l'amour de Jésus, c'est en raison de ses mérites, — donc c'est aussi par celle qui donne Jésus au monde, — que tous ont reçu la grâce, et que les bons sont arrivés à la gloire. Tell^ paraît être la grandiose unité du plan divin, de « tout récapituler dans le Christ, ce qui est au ciel et ce qui est sur la terre, tout en luij » ; tel encore parait être le
I. Il j a là, en effet, une question théologique très contro- Tersée : les anges ont-ils reçu la grâce et la gloire de la libéralité divine, sans relation arec le Dieu- homme {g^atia Dei)y ou pour l'amour du Verbe incarné et en raison de ses mérites prévus (^ada Chrtsti)? En général, ceux qui n'admettent l'Incarnation qu'en raison du péché tiennent ici pour la a grâce de Dieu x>, et ceux qui admettent l'Incarnation en toute hypothèse tiennent pour la a grâce du Christ». Cependant plusieurs, auxquels j'adhère, ne voient pas de lien nécessaire entre la question du motif de l'Incarnation et celle du Christ auteur de la vie surnaturelle pour les anges. Pour prendre quelque idée de cette seconde question, on peut voir Suarez, de Mysteriis Christi^ 1. 1, disp. xlii.