LE VENDREDI SAINT
rien en moi, mais c*est afin que le monde connaisse que j*aime le Père, et que, selon le commandement qu'il m^a donné, ainsi je fais. Levez-vous, sortons d'ici ^ » Et, disant sans doute un suprême adieu à sa mère, il emmena les apôtres vers Gethsémani.
Jusqu'au moment où Notre-Dame accompagna Jésus au Calvaire, nous n'avons, sur ce qu'elle fit et souffrit, que conjectures et vraisemblances. Conjectures, non seulement sur l'extérieur des événements, mais aussi sur l'intérieur de son âme ; car nous ignorons, par exemple, si elle appritcequise passait par les moyens naturels — comme nous l'imaginons par analogie avec notre propre esprit — ou si elle était miraculeusement éclairée sur tout ce qui arrivait à Jésus. Ne sachant où elle se retira pour la nuit, nous nous la représentons restant dans le Cénacle, et peut-être, en effet, demeura-t-elle dans cette maison hospitalière.
Tandis que Jésus prie et agonise, nous la supposons prosternée aussi, priant comme lui, comme lui éprouvant la crainte et l'efiroi, à la pensée des heures qui vont venir, comme lui sentant la douleur de la perte des âmes et de l'offense de Dieu, comme lui unissant à la volonté divine sa volonté, et par là dominant toutes les répugnances de la nature.
Un peu avant minuit, une clameur se répand dans la ville. Le bruit va en se rapprochant, jusqu'à peu de distance du Cénacle. C'est Jésus pris, et amené par ses ennemis, au palais des pontifes. Puis, de nouveau, le silence se fait.
Vers a heures du matin, Jean, le seul resté fidèle, arrive et raconte tout ce qu'il a vu : Notre-