‹ La Sainte Vierge: [Maria Virgo]. 7:e édChapitre 94 sur 110 · LES QUARANTE JOURS ET L'ASCENSION · texte numérisé non relu

LES QUARANTE JOURS ET L'ASCENSION

Marie était présente aussi à la plupart des apparitions de Jésus à ses disciples. Soit dans le Cénacle où, les portes closes, il venait visiter les siens, soit sur la montagne de Galilée où il leur donna un des derniers rendez-vous, Marie assistait à ces chères entrevues dans lesquelles le Maître achevait de former le cœur de ses disciples en leur découvrant la charité du sien, ses délicatesses et ses profondeurs.

Elle assista, tout le monde le pense, au départ de Jésus. Elle était à ce dernier repas que le Sauveur voulut prendre avec ses apôtres. Comme à la Cène, Jésus le termina par des adieux et de suprêmes recommandations, mais avec quelles différences ! Ici tout était joie et paix. En effet, il ne semble pas que Marie ait été triste au jour de TAscension. Il y avait, sans doute, la séparation d'avec Jésus. Mais Dieu voulait la mère du Rédempteur si unie à son Fils, dans la peine ou dans la joie, qu*il semble qu'elle n'ait pas souffert alors de le voir remonter au ciel. La tristesse de la séparation exista pourtant et fut sentie, mais plutôt par anticipation, au moment de la mort de Jésus, et plus tard, avec un autre carac* tère, dans les dernières années. Aux jours des triomphes de son Fils, Marie était toute au triomphe et à la joie. Elle était donc, au moment de l'Ascension, entièrement à Jésus ; elle jouissait de son union avec lui ; elle savait que ce départ annonçait l'heure prochaine où elle-même serait, avec lui, ravie au ciel. Surtout elle aimait : « Si vous m'aimiez, avait dit Jésus, assurément vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père*. » Et personne n'aimait comme Marie,

I, Saint Jean, xit, a8.

nx si fort, ni si Jtiien ; personne donc ne se réjouissait comme elle de la joie du Roi de gloire.

Du Cénacle, où parait avoir eu lieu le dernier repas, le Seigneur emmena ses disciples jusqu'à la montagne des Oliviers, sur la route de Béthanie, — soit qu'il leur y ait donné rendez-vous, soit qu'il ait marché avec eux, invisible à la l'oule, de Jérusalem jusque-là. Et, sur la même montagne où avait eu lieu son agonie, il sourit une dernière fois à la petite troupe rassemblée autour de lui, et peut-être en parcourut les rangs, disant à chacun un adieu spécial. A sa mère surtout, Jésus dut adresser, en la quittant, un de ces mots où il avait coutume d'enfermer tant de choses, que l'âme en demeurait longtemps embaumée et réconfortée. C'était aujourd'hui l'adieu terrestre, avant le suprême, le céleste, l'éternel revoir.

Puis, Jésus éleva les mains, prenant déjà l'attitude qu'il garde à la droite du Père : celle de la prière qui demande pour nous les grâces, fruit de la Passion, et laisse tomber sur nous les bénédictions de Dieu. Et, tandis qu'il bénissait la troupe prosternée, le Maître s'éloignait des siens, montant vers le ciel.... Un nuage le déroba à leurs regards.

Marie aussi le suivit des yeux, avec un ineffable amour et une ineffable espérance. A ce moment où son Fils va prendre sa place à la droite du Père, comme sa grandeur apparaît I Durant sa vie mortelle, la splendeur du Fils était cachée, et, par là même, Marie, aux yeux des hommes, paraissait la mère d'un homme. Mais, cette fois, Jésus se manifeste dans sa gloire : le Père le reçoit sur son trône. Et Marie est vraiment la mère de celui qui, au Père, siège à sa droite, et, avec lui, va

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