LA SAINTE VIERGE MODÈLE DE TEMPÉRANCE
Considérations
La tempérance est une vertu morale et surnaturelle «qui modère nos pensées et nos actes par rapport aux choses extérieures et nous en fait user selon l'ordre voulu de Dieu (i)». Parlant de la tempérance chrétienne, saint François de Sales dit qu'« elle n'est pas autre chose
(i) Mgr Lelong, Vertus sacerdotales, p. 309.
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qu'un retranchement de plaisirs et délices dé ce monde ».
Cette vertu a été de tout temps commandée à l'homme. Lorsque Dieu ordonnait à nos premiers parents de ne pas toucher au fruit défendu, il leur donnait un précepte de tempérance. Mais, depuis la chute originelle, elle est devenue bien plus nécessaire encore. A partir de ce moment, en effet, notre nature, viciée par le péché, se porte souvent, avec iinegrande force, vers tout ce qui peut satisfaire ses appétits. Elle ressemble à un cheval indompté qui, sans un frein puissant, irait se précipiter dans les abîmes. Le frein de la nature mauvaise, c'est la tempérance.
Grande est l'importance de cette vertu, et immense son domaine.
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Sans elle, le ciel resterait vide et l'enfer se remplirait de damnés.
Elle oblige tous les hommes, quels que soient leur âge, leur pays, leur condition. C'est elle qui s'empare de notre imagination pour l'empêcher de s'égarer dans le pays dangereux des chimères; de notre mémoire pour la maintenir toujours dans les limites de ce qui est juste, honnête et sanctifiant; de notre cœur, pour y faire régner l'ordre parfait de la charité; de son sens pour ne leur permettre que ce qui est selon le bon plaisir divin.
Sa place esta côté de chacune de nos pensées, de chacune de nos paroles, de chacune de nos actions.
Il n'est pas jusqu'au zèle qui n'ait besoin d'être dirigé par elle, au
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risque de devenir quelquefois intempérant.
Si l'importance et le domaine de la tempérance sont immenses, immenses aussi sont ses effets. On peut dire qu'elle est « la mère de la sagesse, la colonne de la force, la cuirasse contre l'impureté, le guide des yeux, la gardienne de la bonne volonté et de la bienveil lance, l'harmonie du corps et de l'âme (i). »
La Sainte Vierge a été un modèle delà vertu de tempérance, comme de toutes les vertus. Sans doute, chez Marie, il n'est pas question d'inclinations mauvaises... Elle a ignoré ces misères qui ont fait gémir tant de saints. Toutes les
(i) les Trésors de CorneUns a Lapide, IV, 427.
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aspirations de son âme, tous les mouvements de son corps se portaient vers Dieu, comme la fumée de l'encens et le parfum des fleurs se portent vers le ciel; niais sa tempérance n'en était que plus parfaite. Voyez-la, cette auguste Vierge, commander à ses sens en maîtresse absolue, user de ce monde comme n'en usant pas, diriger ses facultés dans un ordre, dans une paix que rien ne saurait troubler. Aussi son âme, miroir des perfections de Dieu, ressemblet-elle aux eaux limpides d'un lac où Ton voit se refléter la beauté du firmament.
O Marie, puissé-je, à votre exemple, posséder^ aimer et pratiquer la tempérance. Puissé-je ne reculer devant aucun sacrifice, afin d'éta-
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blir sérieusement cette vertu dans mon âme.
Examen
Désiré-je acquérir la tempérance?
— Suis-je convaincue de l'importance et de la nécessité de cette vertu? — La tempérance inspiretTelle mes pensées, mes paroles, mes actes r* — Règle-t-elle l'usage de mes sens? — Aimé-je à considérer la Sainte Vierge comme un modèle achevé de tempérance? — Quel rapport y a-t-il, quand il s'agit de cette vertu, entre ma conduite et celle de Marie?
Résolution
O Marie, je prends la résolution de m'imposer aujourd'hui une mor-
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tification, à l'un ou Fautre de mes repas.
Bouquet spirituel
Soit donc que vous mangie:^^ soit que vous huviea^, ou que vous fassie:^ quelque autre chose ^ faites tout pour la gloire de Dieu (i).
(i) I Corinth , x, 31.
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