‹ La SainteLucie piece en un acteChapitre 8 sur 68 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MADAME SPICKAERT, SPICKAERT, MAURICE.

SPICKAERT entre du fond, venant de gaucho, et portant deux pots de fleurs, avec une bourriche pleine de fleurs coupées, qu’il dispose dons les vases tout en causant. A son entrée, il dit, en se retournant vers la contonade :

Taisez-vous! Après tout, je suis le maître, et je sais ce que j’ai à taire. (Sans voir Maurice, A sa femme.) Bonjour, machèreamie. Comprends-tu cette Dorothée qui voulait m’empécher d’entrer ici avec mes fleurs, sous prétexte que le jasmin te fait mal? Est-ce vrai ?

LA SAINTE-LUCIE

MADAME SPICKAERT.

Non, mon ami.

SPICKAERT, remontant Tara la cantonade.

Ce n’esl pas vrai : VOUS voyez bien ! (Se calmant et aoariant.) Ail fond, je crois qu’elle était un peu jalouse pour ton compte, la vieille Doroihée.

En disant cela, il place ses pota de fleurs sur une console à gauche, au foDd. MADAME SPICKAERT.

Jalouse 1

SPICKAERT.

Oui, de ce que j’ai pensé le premier à la fête de notre fille.

MADAME SPICKAERT.

La fête de...

Elle met son mouchoir devant son visage et s'arrête suffoquée par les larmes.

MAURICE s'avance virement.

Vous ne me dites pas bonjour, mon père?

SPICKAERT.

Maurice, vous ici I Cher enfant, embrassez-moi donc ! (ils s’embrassent.) Comment ne vous ai-je pas remarqué tout de suite? Ma pauvre vue baisse tant I Au reste, je pensais bien que vous ne pouviez manquer de nous arriver aujourd’hui; car c’est la vérité, nous sommes au 16 septembre, jour de la Sainte-Lucie.

MADAME SPICKAERT, bas à Maurice,' pendant que M. Spickaërt, ou fond, plaça ses fleurs.

C’est donc le 16 septembre? Je ne sais plus les dates. (Tristement, à elle-même.) Lü Sainte-Lucie !...

SPICKAERT.

Et c'est aujourd’hui que notre enfant nous arrive de chez sa tante : voos le saviez bien en revenant vous-même ce jour-là. Aussi, voyez ce que j’apporte : des fleurs, les fleurs qu’elle aime, roses et jasmins. Je veux que dans celte maison tout prenne un air de fête. N’est-ce pas, ma chérie ?

MADAME SPICKAERT.

Oui, mon ami.

SPICKAERT.

A commencer par les habitants. Fais tout disposer : je m’en fie à ton cœur de mère. Ce qui nous rend joyeux , Maurice , c’est que notre Lucie a échappé à un grand danger. Vous savez au’elle a été malade, bien malade ; que nous avons failli la perdre? Oh ! Dieu, quand j’évoque ce souvenir, un frisson méprend

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