‹ La Sainteté de PascalChapitre 22 sur 56 · Cf. Vie de M. Pascal · texte numérisé non relu

Cf. Vie de M. Pascal

avec son autre confesseur: qu'il s'élevait au-dessus de l'esprit de parti, et que si, jusqu'à la fin, il se souvint et parla sans regrets des Provinciales *, ce n'est point parce qu'elles avaient servi la cause d'un parti, mais parce qu'en les écrivant, il avait combattu en faveur de ce qu'il avait cru être et continuait de croire, la vérité essentielle.

Nous étudierons la prochaine fois Pascal polémiste. Mais aujourd'hui qu'au chevet de son lit de mort, nous voyons les larmes de gratitude se répandre pour la suprême miséricorde de son dernier sacrement, don si ardemment désiré du Corps rompu pour lui ; aujourd'hui que nous entendons les dernières paroles qu'il prononça avant de perdre connaissance : « Que Dieu ne m'abandonne jamais I » — les grandes vérités pour lesquelles il lutta paraissent bien mesquines et s'évanouissent dans la glorieuse présence d'un Créateur véritable et fidèle ; la

1. Lorsque Beurrier apprit que Pascal était l'auteur des Provinciales, il lui demanda s'il regrettait de les avoir écrites. Pascal répondit : « Gomme étant sur le point d/aller rendre compte à Dieu de toutes ses actions, que sa conscience ne lui reprochoit rien, et qu'il n'avoit eu, dans la composition de cet ouvrage aucun mauvais motif, ne l'ayant fait que pour l'intérêt de la gloire de Dieu et la défense de la vérité, sans y avoir jamais été poussé par aucune passion contre les Jésuites. » Recueil d'Utrecht, p. 330.

miséricorde qu'il fut donné à Pascal de pratiquer pâlit devant la charité du Sauveur très miséricordieux dont les mains étaient ouvertes à cette âme rendue précieuse, croyons-nous, à Ses yeux ; âme lavée des souillures de ce monde, et se présentant immaculée, par le merveilleux effet de la grâce, devant Celui de qui les jugements, selon Pascal et saint Paul, sont « impénétrables et les voies incompréhensibles * ».

Page 1