‹ La Sainteté de PascalChapitre 24 sur 56 · Ib., p · texte numérisé non relu

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fut Jacques Janson, maître et ami de Cornélius Jansen, plus tard évêque d'Ypres, qui à son tour lui succéda dans cette chaire et se trouva bientôt occupé à la rédaction du pesant volume qui devint l'arsenal commun de ses amis et de ses adversaires. UAugustinus parut à Louvain en 1640, deux ans après la mort de son auteur. C'était le fruit d'un commerce prolongé avec saint Augustin, -dont Jansen avait relu plus de dix fois les œuvres complètes ; et trente fois au moins les ouvrages traitant des écrits des Pélagiens1. L'objet de Y Augustinus était d'affirmer à nouveau la doctrine de saint Augustin sur la Grâce, contre le Pélagianisme ou le Semi-Pélagianisme dont l'Église était menacée. Les Jésuites prétendirent que c'était là une tentative pour couvrir de l'autorité du grand docteur les hérésies de Baius, et ils firent leur possible pour en empêcher la publication. Ils échouèrent ; mais réussirent à obtenir d'Urbain VIII, en 1642, une condamnation en termes généraux a.

1. Cf. « Familiaribus-quandoque fassus est, se decies et amplius universa opéra Augustini, attentione acri, adnotatione diligenti, libros vero contra Pelagianos facile trigesies a capite ad calcem evolvisse. » Synopsis vilse auctoris,en préface àl'Au. gustinus. •

2. Dans la Bulle : In eminenti, § 8, du 6 mars 1641. Vide Paquier, op. cit., p. 160.

Les partisans de l'ouvrage furent baptisés Jansénistes par leurs ennemis, mais ils se nommaient eux-mêmes Augustiniens, prétendant, comme c'était la pure vérité, qu'il n*y avait rien dans le livre qui n'eût reçu l'approbation de l'évêque d'Hippone. Ils s'emportèrent violemment contre le Jésuite espagnol Molina qui avait abusé du nom d'Augustin l, et ils accusèrent ses disciples, appelés Molinistes, de ressusciter les hérésies que le saint avait renversées; de miner la Foi en général, et l'article de la Grâce en particulier ; enfin de négocier la pureté de la doctrine et des mœurs en faveur du succès mondain.

Le double manteau de Jansen (qui avait surtout combattu la doctrine des Molinistes) et de son lieutenant Saint-Cyran (qui attaquait leur discipline morale),retomba sur Antoine Arnauld, frère de la Mère Angélique, et le théologien le plus en vue qui eût des liens avec Port-Royal.

1. Cf. : « Quae [principia] si data explanataque semper fuissent, forte neque Pelagiana haeresis fuisset exorta : neque Lutherani tam impudenter arbitrii nostri libertatem fuissent ausi negare, obtendentes cum divina gratia, prasscientia, et praedestinatione cohaerere non posse; neque ex Augustini opinione concertationibusque cum Pelagianis, tôt fidèles fuissent turbati ad Pelagianosque defecissent.» Concordia Liberi arbitrii (15^8). In qusest. XXIII, art. IV et V, Disp. I, membr. ult.

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