Cf. Sainte-Beuve, op. cit., t. VI, ch. XIII
de Port-Royal. 11 en a paru depuis lors d'innombrables autres, où les Pensées sont classées dans des ordres notablement différents, selon le goût des éditeurs successifs. Mentionnons les principales ; il y eut au xvme siècle ce qu'on peut appeler l'édition philosophique, plus complète, mais aussi plus frelatée que celle de Port- Royal, et dont nous sommes redevables au talent combiné de Condorcet et de Voltaire, qui l'annota de remarques critiques mordantes et de louanges quelque peu protectrices. Trois ans plus tard, en 1779, vint l'abbé Rossut, qui fit table rase du commentaire philosophique et permit au siècle à son déclin de lire Pascal «autrement qu'à travers le voile de l'interprétation philosophique ». En 1835, M. Frantin essaya de retrouver Tordre original et l'intention chrétienne des Pensées. Mais il y avait d'excellentes raisons à l'appel que Victor Cousin lança, en 1845, dans son Rapport à l'Académie Française. Il insista fortement pour qu'on se reportât au manuscrit autographe qui languissait à la Ribliothèque Royale 1 et que l'on publiât un texte sincère, exempt de toutes les substitutions, de toutes les suppressions, de toutes les altérations de pen-