Cf. Vie de M. Pascal ; Œuvres, t. I, p. 87 et Pensée
et la considération dont il s'inspirait dans ses rapports avec ses semblables, de noble ou de basse condition, paraissent lui avoir fait défaut de temps à autre en polémique, il faut songer au zèle pour la vérité qui affilait son arme, et nous souvenir aussi que sa plus grande œuvre, d'ailleurs inachevée, lui fut dictée par un mouvement de charité. Dans son Apologie ne subsiste pas une once d'ambition personnelle ; on y trouve bien quelque irritation contre les athées qui combattent ou pèchent contre la lumière : Si quelqu'un doute, « et que ce soit de cet estât même qu'il fasse le sujet de sa joye et de sa vanité, je n'ay point de terme pour qualifier une si extravagante créature ». Mais surtout il s'y manifeste une pitié profonde pour ceux qui doutent et qui gémissent de douter... « car ne sontils pas assez malheureux * 1 » {Pensée 190) Et l'amour pour l'homme, en dépit de sa bassesse, est la note dominante des Pensées — l'amour de l'homme, au nom de Jésus-Christ.
Oui, à coup sûr Pascal fut un saint. Car qu'estce après tout qu'un saint chrétien ? Quelqu'un de désigné pour le service d'un Dieu saint, et portant en conséquence quelques reflets de