‹ La Sainteté de PascalChapitre 51 sur 56 · LES LETTRES DE PASCAL CONTRE PORT-ROYAL · texte numérisé non relu

LES LETTRES DE PASCAL CONTRE PORT-ROYAL

L'histoire de ces lettres se trouve dans le Recueil d'Utrecht, pp. 317 sqq., et, avec plus de détail, dans la Préface historique du tome XXI des Œuvres d'Arnauld, pp. cxxix-cxli. Nicole nous y informe qu'après YEcrit sur la Signature « il se fit encore, de part et d'autre, divers écrits, dont le succès fut que chacun demeura dans ses sentiments ».

Il résume comme suit les lettres de Pascal :

« M. Pascal appréhendoit que ce ne fût le désir

de conserver la maison de Port-Royal qui eût réduit ces Messieurs à ce qu'il appelloit du nom de relâchement, et qui les eût portés à ces condescendances, qu'il ne pouvoit approuver. Il crut même que ce n'étoit pas seulement dans cette occasion de la signature des filles de Port-Royal qu'on avoit paru peu sincère ; mais qu'on pourroit encore trouver le même défaut dans les divers Ecrits qui avoient été faits dans la suite de l'affaire qui troubloit la paix de l'Église depuis si longtemps : qu'on avoit eu égard en écrivant à l'utilité pré-

sente, et que, comme elle avoit changé selon les divers temps, les Ecrits ne paroissoient pas tout à fait conformes. Ainsi il lui sembla qu'il eût été à propos de les revoir tous, et de les réduire à une parfaite conformité d'expressions. Pour y exciter plus fortement MM. de Port-Royal, il fit un autre Écrit; dans lequel il prétendoit leur faire l'avantage qu'ils donnoient à leurs ennemis par cette diversité, et qu'on les pourroit convaincre d'avoir parlé plus faiblement depuis les Bulles, qu'auparavant. »

Il procède alors à une critique détaillée, émettant pour commencer, cette opinion « que M. Pascal n'ayant pas fait l'Écrit dont il s'agit pour être publié, et tout son but n'étant que de représenter ce que Ton auroit pu dire, et le tour fâcheux que l'on pourroit donner à certaines choses, il ne s'étoit pas mis en peine d'y garder une fort grande exactitude; et que sans consulter lui-même les Écrits dont il tiroit des preuves de ce qu'il avançoit, ce qui lui eût été fort difficile dans la foiblesse où il étoit, qui le rendoit presque incapable de lire, il se contenta de Mémoires que lui fournissoient quelques-uns de ses amis, qui ne regardoient pas d'assez près aux passages dont ils les composoient. Ainsi, quoique l'adresse de son esprit à mettre les choses dans leur jour paroisse dans cet Écrit, comme dans tous ses autres ouvrages, comme il n'est pas possible que l'ouvrier quelque habile qu'il soit, supplée au défaut de la matière, il n'a pu éviter de tomber dans un assez grand nombre de méprises, dont il ne

sera pas inutile de marquer ici quelques causes principales ».

Il se met en devoir de le faire, et affirme à nouveau, en terminant son examen, que le but de Pascal était • « plutôt de représenter la manière dont un homme plus habile que les Jésuites, pourroit tourner les choses, que non pas celle dont un homme sincère les doit entendre. Et c'est pourquoi il a toujours tenu cet Ecr,t secret : et il avoit même ordonné à ses amis de le supprimer. »

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