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LES OPINIONS DE SAINT GYRAN SUR LE SACERDOCE

« Le sacerdoce est un mystère aussi terrible que le sacrement qui en est le principal effet. » [Lettres Chrétiennes, éd. 1744, T. II, p. 454).

« Qui ne sçait que personne n'en peut estre retranché [de l'Église] malgré soy, et que l'Esprit de Jésus- Christ estant le lien qui unit ses membres à luy et entre eux, nous pouvons bien estre privez des marques, mais non jamais de l'effet de cette union, tant que nous conserverons la charité. » (Jacqueline Pascal, à propos du Formulaire, 22 juin 1661. Dans Œuvres, T. X, pp. 103 sqq.)

Selon Saint Cyran, l'église n'est pas une monarchie, mais une aristocratie dirigée par les évêques. Mais, tandis que d'une main il élève les évêques au niveau du Pape, de l'autre il élève le prêtre de paroisse à la hauteur de l'évêque.

« Nam Parochorum officium. si minus institutionis divinae seorsum in se est at est in Episcopo ; non so-

lum quia ab Episcopo sit instilutum, ut alia quaevis episcopalia instituta ; sed quia in Episcopo inclusum a Ghristo est, ut in fonte ac plenitudine Ecclesiasticae ei Hierarchicae protestatis, cujus Parochialis potestas est decidua pars, ab Episcopo in Parochum ut a fonte in rivum transfusa, sine detrimento tamen aut imminutione... Itaque Ministrorum potestas (de potestate jurisdictionis agimus...) sic ab Episcopo fluens divinae est non humanae institutionis, quia eadem rivi est, quae fontis natura, eadem vis causae prineipalis, et instrumenti eadem Ministrorum regiorum et régis potestas. » Petrus Aurelius (alias Saint-Cyran), T. II (éd. 1646), p. 226.

De même ce n'est pas la lustration baptismale qui fait seule le Chrétien.

« Nomen enim Ghristiani unctionem Spiritus sancti sequitur cum eaque pari passu ambulat ; non autem ab externa ceremonia pendet, multo minus in ea sita est. » [Petrus Aurelius, T. I, p. 28).

Le Petrus Aurelius présente un intérêt spécial pour les Anglais en ce qu'il fut écrit par Saint Gyran (et ses amis ?) pour défendre la juridiction épiscopale contre les Jésuites anglais qui formulaient des objections aux prétentions de William Bishop, évêque titulaire de Chalcédoine concernant des droits en Angleterre (1623). Voir Stillingfleet. Discourse concerning... Idolatry (1709), ch. IV, 162 sqq. ; également Reuchlin, Geschichte von Port-Royal (1839), vol. I, pp. 378-411, et P. Bayle, Dictionnaire Critique, article « Knot ».

Saint-Cyran exprime ouvertement les mêmes opinions dans ses Lettres Chrétiennes.

« Il n'y a que lui [Dieu] seul qui puisse donner des Prêtres à son Église, tant par son élection, que par l'ordination. » (T. I, p. 160). '

« Dieu nous a fait voir qu'outre l'onction épiscopale il faut une élection divine pour la Prêtrise, que Dieu se l'est réservée, et que l'Évêque s'y peut tromper. » (T. II, p. 346).

« Il faut que le Saint-Esprit repose sur quelqu'un pour le faire Prêtre et qu'ensuite il soit consacré » [ibid., p. 400).

« La Grâce du Baptême... conduit comme d'ellemême... au Sacerdoce qu'on peut nommer en un sens la fin et la perfection de la Grâce du Baptême »; (T. I, pv. 144).

Ailleurs, il oppose « la vraie vocation venue du ciel » et la vocation extérieure et pour ainsi dire de la terre (ibid., p. 157).

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