‹ La salamandre (volume 2)Chapitre 13 sur 46 · II. k · texte numérisé non relu

II. k

ÔO LA SALAMANDRE.

Aussi, Paul ne trouva pas un mot à répondre. — A genoux devant elle, les mains jointes et serrées, on eût dit qu'il priait.

Puis un déluge de larmes vint baigner ses joues, et il ne put que dire: OU! Alice! — oh! ma mère ! tu m'as entendu !

Et Alice était haletante. Par cette démarche inouïe, inattendue, elle croyait échapper à l'amour qu'elle éprouvait pour Szaffie, sans pouvoir se rendre compte de sa violence.

Cet aveu élevait entre elle et lui une barrière qu'elle n'oserait désormais franchir. Fiancée, vouée à Paul de sa propre volonté à elle, — il y aurait crime, infamie à le tromper, pensait-elle, et je suis incapable de tomber jusque-là.

— Comment, Alice ! vous m'aimez!

— Oui, je vous aime, je n'aime que vous, Paul, que vous ! Et vous m'aimez, vous ? Oh ! dites-le, ce mot ; répétez-le : que je l'entende... Oh ! vous pouvez m'aimer, n'est-ce pas ? Ce mot me fait tant de bien ! Dites-moi aussi que je vous aime , que c'est de mon gré que je vous l'ai dit; et que, si je vous avais menti, je serais infâme : entendezvous bien, Paul? infâme... infâme!

— Je ne vous comprends pas, Alice.

— Non, non : je vous aime ! N'êtes-vous pas l'époux de mon choix ? votre mère et la mienne sont là-haut qui béniront notre union.. . Mon Paul, mon bon Paul !

Mais Paul, entendant marcher dans la galerie.

baisa la main d'Alice , et disparut par le siihord. — Au moins, dit la jeune fille, celte affreuse pensée ne m'obsédera plus, me voilà plus tranquille; je Vuublierai! — Oh! ma tante, que je souffre! dit Alice à madame de Blène, qui entra dans sa chambre.

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