BURKE
Profitant de l'évanouissement de Paul , Gralien Pavait conduit chez son logeur, place du port, au Chasse-Marée,
On le sait, c'était la veille du jour oii l'on devait fusiller Pierre, Son exécution avait été fixée au lendemain matin. Le signal était le dernier coup de onze heures à l'horloge du port.
La petite chambre , provisoirement habitée par Paul , était ordinairement destinée aux matelots qui attendaient un embarquement avantageux sur un navire de commerce.
Des murs couverts d'un papier jaune à fleurs , tombant en lambeaux, quelques gravures coloriées représentant des épisodes des guerres de Bonaparte , une chaise , une table boiteuse et un lit de sangle, voici l'ameublement.
Située au quatrième étage , l'unique fenêtre de cette mansarde donnait sur une ruelle infecte, et le jour n'arrivait que péniblement à travers des carreaux verdâtres au milieu desquels s'élevaient des fonds de bouteilles.
C'était le soir,
Sur les quatre heures.
Le ciel brumeux et chargé de brouillards de novembre, se voilait de plus en plus , et bientôt l'obscurité commença d'envahir ce misérable réduit.
Paul , assis sur le bord du lit , ne s'en aperçut pas.
Le pauvre enfant, la tête baissée, les mains croisées sur ses genoux , les jambes pendantes , paraissait être dans un état d'insensibilité profonde. Ses yeux s'ouvraient, secs et ardents.
Quatre heures sonnèrent , et la cloche de Tarse-