‹ La salle à manger de Sainte-BeuveChapitre 16 sur 44 · Nouveaux Lundis, t. IX · texte numérisé non relu

Nouveaux Lundis, t. IX

UNE MATELOTE A BERCY — LES « NOUVEAUX LUNDIS» — LITTRÉ — RENAN — LA « VIE DE JESUS »

Tous les ans, on allait « manger une matelote » à Bercy, chez M. Guérin, un riche marchand de vin, encore un ami et un client du docteur Veyne, qui créait des centres et des « garants d'amitié »,partout où il passait. Sainte- Beuve, le célèbre avocat Nogent-Saint-Laurens, ami d'enfance et compatriote du docteur Veyne, le peintre Gleyre, Juste Olivier, de Lausanne, ami à la fois de Sainte-Beuve et de Veyne, Ghampfleury, quelques autres convives de marque, le président du tribunal de commerce de la Seine, des parents et amis personnels de M. Guérin, assistaient à ce dîner, présidé par la gracieuse maîtresse de maison. M"® Guérin, qui mettait Sainte-Beuve à table à sa droite- — On m'invitait aussi, et la première année on me

plaça tout à côté du poète chansonnier Gustave Mathieu, qui, lui, était arrivé du bas Samois en velours épingle, tenue de chasseur, la fleurette toujours à la boutonnière. Il fut un peu intimidé de voir tout le monde en habit noir: il avait cru à la simple «matelote » annoncée, et il se trouvait en présence d'un grand dîner, presque officiel. Il reprit vite son aplomb ; il s'attendait à ce qu'on lui fît chsiUler Monsieur Goderu,s3L chanson contre le souverain régnant, très reconnaissable, à la charge qu'il en avait faite ; on ne la lui demanda pas, mais au dessert, M. Guérin lui ayant dit: « Eh bien, Mathieu, comment trouvez-vous mon Champagne ?» — le chansonnier représentait une maison de Champagne, ce qui était parfaitement compatible avec son esprit et son humeur de poète nivernais et chansonnier, — il répondit : « Il est bon, mais j'aime mieux le mien. > — « Si je n'avais pas un représentant, je vous prendrais », répliqua M. Guérin.

Ce grand commerçant, notable de Bercy, était un homme intelligent, jeune, actif et républicain. C'est chez lui que se faisait l'élection d'Eugène Pelletan contre l'empire. — On n'y parlait pas politique les jours de gala. Nogent-Saint-Laurens et Sainte-Beuve s'y rencontraient pour la première fois. Nogent crut devoir faire ce sot

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compliment à Sainte-Beuve : « J'ai la Volupté, je n'y ai rien compris. » Le lendemain, Sainte- Beuve me dit : « Il est bête, Nogent. » Cette fâcheuse impression se dissipa à plusieurs années de là, sous Tinfluence du Palais-Royal, où il était question de créer un Conseil de Régence, qui n'aboutit pas. — On le sait de reste.

Les Misérables paraissaient en 1862, et c'était le grand événement du jour. On ne parlait que des Misérables. Il en fut beaucoup question au premier dîner de Bercy. Sainte-Beuve avait pour principe qu'un aide de camp ne devait pas juger son ancien général. J^ai publié de lui, dans sa Correspondance, à la date du 17 mai 1856, une lettre dans laquelle il explique son silence depuis des années sur Hugo. Il y dit, entre autres : « Je ne saurais le faire (écrire sur lui) comme il convient à un critique indépendant, sans paraître méconnaître et violer une ancienne amitié, ou sans avoir l'air d'y vouloir remonter et de m'y reprendre. » — Il faut lire la lettre tout entière, très courageuse et très digne, — En 1856,il n'était encore question que des Contemplations, qui furent aussi le grand événement littéraire, effaçant tous les autres- — On faisait cercle autour de Sainte-Beuve, dans le salon de M"" Guérin, à Bercy ; il causait discrè-

tement,sur un ton nuancé, de sujets délicats et fins. Il n'aimait pas le bruit. « Partons», me fitil signe, quand la conversation reprit, bruyante, sur le grand sujet du jour, les Misérables, Nous nous éclipsâmes à l'anglaise (il disait à la française) ; mais, le long du quai, nous reconnaissions, derrière nous, la voix de Veyne, qui hélait Sainte-Beuve et la conversation qui continuait sur les Misérables. Nous nous cachâmes sur la berge, derrière des tonneaux. Et ce n'était pas à qui retrouverait François T" perdu, comme dans le Roi s'amuse. « Laissons-les passer, me dit Sainte-Beuve ; j'ai mon article à faire demain... »

Son article, — son aiguillon perpétuel, outre celui qu'il portait en lui-même, et dont il mourut. Il ne l'évoquait pas en vain, et ce n'était pas un de ces prétextes auxquels on se raccroche comme à une échappatoire. Une histoire fort amusante me revient à ce propos. Un soir, chez lui, M"*' Dufour s'était prise de querelle avec une servante, qui l'insulta grossièrement. Elle en eut une attaque de nerfs, monta dans sa chambre et s'assit sur le rebord de son lit, où elle se cognait la tête à coups de poing ou contre le mur. Nous montâmes tous après elle, Sainte-Beuve en tête ; il la saisit par les

poignets pour l'empêcher de se faire du mal, mais elle était la plus forte, très nerveuse et surexcitée, et il avait de la peine à la tenir. « Troubat, calmez-la, me dit-il ; si je n'avais pas mon article à faire demain, je la calmerais... »

— « Non, monsieur, s'écriait-elle, je n'ai pas besoin d'être calmée... »

Toute la maisonnée, ce soir-là au complet, se mit à rire. La Correspondance de Diderot en a de pareilles.

Cependant les Nouveaux Lundis suivaient majestueusement leur cours et s'étalaient de plus en plus, en nappe élargie, à la troisième page du Constitutionnel. On les attendait avec impatience tous les lundis. Gambetta saisissait un soir le journal par la hampe, à l'entresol du café Procope, le brandissait et s'écriait de sa voix retentissante, même au repos, et avec cet accent méridional, qui n'était pas celui de tous les Midis : « Voyons ce que dit l'oncle Beuve, ce matin ! » Il était dix heures du soir, mais en ces années de jeunesse et de quartier latin, est-ce qu'il y avait une heure pour les braves ? Je venais de faire deux heures de lecture à Vonde Beuçe, et j'allais me coucher. Je demeurais au passage du Commerce, dans une chambre d'hôtel qu'avait habitée autrefois Sainte-Beuve.

Je lui faisais alors, pour mes débuis, la lecture à haute voix, tous les soirs, de VHistoire de Louvois, par M. Camille Roussel, un livre à chaux et à ciment, sur lequel Sainte-Beuve a écrit de fort beaux articles ; mais ce qui éveilla tout à fait en moi la vocation de secrétaire, ce furent les Entre liens de Gœthe et d'Eckermann, apportés un jour en manuscrit par M. Emile Délerot,qui en avait écrit la traduction et l'avait gardée dans son tiroir, sur le refus des éditeurs de la publier. Ce qui l'en fit sortir, ce fut le volume sur le même sujet, publié chez Hetzel, par M. Charles, professeur d'allemand au lycée Bonaparte. L'éditeur n'avait consenti à le publier qu'à la condition que le traducteur en enlèverait sang et vie, et n'y laisserait que les pensées de Gœthe, désossées et desséchées. La librairie française avait des préventions contre Gœthe et, en général, contre tout ce qui venait de l'étranger. M. Délerot envoya sa traduction à Sainte-Beuve, et ce fut celle dont il se servit pour écrire ses trois articles du Constitutionnel, qui mit aussitôt en goût l'éditeur Charpentier. Il publia la traduction en deux volumes de M. Emile Délerot, ce qui fit dire à Hetzel : « Si j'avais su que Sainte-Beuve fit trois articles au Constitutionnel, j'aurais publié la traduction de

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M. Charles en entier. » Sainte-Beuve avait Tesprit gœthique, et Hetzel nourrissait encore en ce temps-là autant de préventions contre lui que contre Gœthe. Elles achevèrent de fondre, depuis, au dîner Bixio, ce qui donnait raison à Sainte-Beuve, pour les bons effets qu'il attendait delà sodalité littéraire.

Ces années 1862-186)^ furent pour Sainte-Beuve un épanouissement complet de son talent, en pleine maturité. Il s'éperonnait sans cesse, ne voulait rien perdre de ce qui enrichissait la critique, la renouvelait et en faisait une science nouvelle, toute nourrie d'observations et de faits. Ce n'était plus de la critique de livres. A cinquante-neuf ans qu'il était près d'avoir en 4863, il était en pleine possession de lui-même et de son expérience : sa santé ne paraissait pas encore altérée, comme elle n'allait pas tarder à le devenir. Au contraire, un regain de force intellectuelle et physique se lit dans cette physionomie ferme et fine, aiguisée et rajeunie par l'habitude incessante de la production. Les joues sont pleines, mais nullement molles. Les petits yeux clignotants laissent percer des regards de malice et de bonté. Mon ami Gabriel Marcel, de la Bibliothèque nationale, à qui je montrais cette photographie par Bertall,en tira ce diagnostic:

«C'est le portrait d'un médecin, porté à l'indulgence, quia le coup d'œil juste et droit, et qui voit avec précision.,. » Médecin, il aurait pu l'être, en effet, puisqu'il avait commencé et poussé assez loin ses études médicales ; il préféra être le médecin des esprits, en leur appliquant la méthode expérimentale, qui ne s'apprend qu'à la clinique ou dans les laboratoires. Du mot de Guizo t , tombé sur son Joseph Delorme, — Werther jacobin et carabin^ — il ne survécut que le carabin, mais il le resta toute sa vie. Il en avait gardé les impatiences juvéniles et toutes les chaleurs de cœur, qui se manifestaient par des pâleurs subites, aux moindres contrariétés amoureuses, car il était amoureux à soixantequatre ans comme à vingt. Le docteur Veyne, qui vit seul juste dans sa maladie, attribuait ces symptômes passionnels à la maladie de la pierre, dont il est mort, et qui l'aiguillonnait. Il m'accordait que l'aiguillon du travail pouvait bien aussi y être pour quelque chose, car rien n'échauffe plus un cerveau que de le tenir, sans relâche, comme nous le faisions, penché sur une forge allumée.

L'échec de Littré à l'Académie, en 1863, fut pour lui l'occasion d'un renouvellement d'action, comme il en prenait l'offensive, quand il

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était piqué au jeu et au vif. L'évèque d'Orléans, M. Dupanloup, était venu, le matin même du jour de l'élection, combattre la candidature de Littré par des démarches personnelles auprès des membres de TAcadémie, sur lesquels il se sentait de Tinfluence. Il la fit échouer. Sainte-Beuve releva le gant par une série d'articles du Constitutionnel, et il n'avait jamais rendu service aux Lettres — lui à qui elles en doivent tant d'autres — autant que ce jour-là. Il révéla un Littré tout à fait inconnu, même du public lettré. Il n*est ineptie qui ne courût alors sur le nom de Littré. Sainte-Beuve dissipa toutes les ignorances à son égard ; il fit de lui, le premier, une biographie complète, et telle que Hachette, l'éditeur du Dictionnaire de Littré, lui demanda de la publier en brochure, malgré le traité qui liait Sainte-Beuve, pour ses articles du Constitutionnel, aux éditeurs Michel Lévy frères* Ces derniers accordèrent de grand cœur, et la publication d'Hachette retourna ensuite, telle que Sainte-Beuve l'avait modifiée, aux Nouveaux Lundis * .

Littré demeurait alors à Maisons-Laffitte. H venait le lundi saluer et rem ercierSainte-Beuve*

Je vis ainsi de près ce saint laïque qui faisait profession d'athéisme et encore plus d'indifférence philosophique en ces matières intangibles. Il pratiquait la religion lucrétienne en face de la science et de Téternité. Il avait toutes les vertus, et le respect de la famille en particulier, Sainte-Beuve, qui voulut être enterré civilement et qui n'était engagé dans aucun lien de famille qui pût Ten empêcher, me dit un jour: « Littré est si hautement philosophe et il a tant de respect pour sa femme et sa fille, qui sont pieuses, que vous le verrez enterré par l'église. » On sait que c'est ce qui arriva, et qui n'étonna que ceux qui ne connaissaient pas Littré. On ne lui sut aucun gré de sa tolérance, et ceux mêmes qui en profitèrent, triomphèrent sans mesure de cet échec à la libre pensée. Il avait aussi toutes les faiblesses humaines. Sainte-Beuve, dans ses articles, qui le faisaient si bien connaître, et qui fouillaient à fond sa vie publique et privée, en exerçant sur lui toute sa méthode et en ne laissant rien dans l'ombre, avait parlé de sa famille et de ses origines en termes tout à fait honorables et sympathiques. Il avait rappelé tout un passé glorieux d'atavisme républicain, remontant aux journées terribles de la Révolution. Littré vint le prier de ne pas reproduire ces

passages, quand il recueillerait ses articles en volume. Sainte-Beuve, en naturalistedesesprits, avait coutume en pareil cas de résister et de tenir bon. « C'est acquis », disait-il. — C'était acquis en effet à la science qu'il créait et qui consistait à ne rien négliger de tout ce qui pouvait faire connaître un homme. Ses articles restèrent tels qu'ils avaient paru dans le Consti^ tutionneL Littré ne réclama plus, et ses amis, Charles Robin, et autres, qui faisaient profession comme lui de positivisme, continuèrent de rester les amis de Sainte-Beuve.

Dans le même temps, chez Champfleury, je fus témoin d'un phénomène analogue. 11 s'occupait en ce moment de son Histoire de la Caricature moderne, dans laquelle il donne la prédominance à Daumier, et il venait de publier un article sur le père du grand caricaturiste, qui exerçait la profession de vitrier à Marseille, et avait été poète et royaliste. Il n'y avait rien là dont la piété filiale eût à souffrir. Daumier n'en vint pas moins demander à Champfleury de supprimer cela de son volume. Champfleury se souvint de ce qu'il avait entendu dire à Sainte-Beuve : « C'est acquis », et il ne retrancha rien. Daumier ne lui en sut pas mauvais gré par la suite.

La Vie de Jésus, de Renan,allait être le grand événement littéraire de 1863. On redoutait des poursuites. Ce livre inoffensif, qui rendait aux questions qu'il soulevait le service de ramener Tattention sur elles, était exorcisé, dès son apparition, à sons de cloches et de glas funèbre. M. Renan élait l'objet de toutes les réprobations intéressées. Ce noble esprit, dont Sainte-Beuve avait dit et écrit : « Il ennoblit tout ce qu'il touche », était traîné dans toutes les boues et dans toutes les gémonies. Il servait de lieu commun à toute réloquence sacrée, des sommets jusqu'aux plus bas fonds de la chaire. Un curé de village exhibait, à la grand'messe, la photographie de Renan, et en tirait contre lui des conclusions grotesques. Il le comparait à un de ces animaux, possédés du démon, que le divin maître avait poussés à la noyade, dans la parabole évangélique. Le fait est que Renan n'était pas beau ; il était aussi possesseur d'un de ces nez de curieux, qui penchent naturellement sur les livres ; il y avait aussi en lui de la vieille femme. Petit de taille, de tenue simple, il s'arrêtait souvent sous les arcades de l'Odéon pour bouquiner ; personne, parmi ses objurgateurs qui le coudoyaient, ne se doutait que c'était Renan, et il s'y rencontrait quelquefois avec des

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rédacteurs de V Univers ou du Monde, — une coquille détachée de l'Univers, — Pendant huit ans, j'ai assisté à de nombreuses conversations entre lui et Sainte-Beuve ; il s'arrêtait souvent rue du Montparnasse en revenant le matin de Bellevue, où il demeurait Tété. Sainte-Beuve professait le culte du Vrai, — du Vrai seul; — il Ta assez proclamé. Renan se perdait quelquefois dans ridéal. Sainte-Beuve dit un jour de lui : < Il est comme les poissons qui, quand on les serre de trop près avec la main, donnent un petit coup de tète et disparaissent dans un nuage. » Sainte-Beuve était démocrate; Renan regardait de haut Thumanité ; il avait Tesprit aristocratique ^

1. M. Emile Faguet a laissé tomber sur eux ce jugement de haute impartialité littéraire, qui ralliera tous les bons esprits: « Les deux plus grandes intelligences du xix* siècle, Sainte- Beuve et Renan, n'ont rien inventé, mais se sont donné la peine, je veux dire le plaisir, de tout comprendre, de tout comprendre à fond, ce qui est une manière d'inventer. Ils se sont donné le plaisir de se placer devant toutes les idées, et d'en faire le tour, et puis d'entrer en elles jusqu'à leurs plus grandes profondeurs, et de démontrer en quoi elles étaient vraies et en quoi fausses, et, par ainsi, de les découvrir beaucoup plus que ceux qui les avaient inventées... » Sainte-Beuve, peint par lui-même, n'aurait pas mieux dit; c'est l'esprit même de Sainte-Beuve expliqué par M. Faguet {Un réquisitoire contre Rena,n, — il s'agissait du livre de M. Hippolyte Parigot, — La Revue, numéro du l*"" mars 1910).

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Gomme About, dont la Gaëtana fut pourchassée par la cabale sur tous les théâtres, comme Sainte-Beuve, dont le cours sur Virgile souleva tant de tumulte et ne put avoir lieu au Collège de France, Renan expia, devant les foules, le crime de s'être séparé de l'Église. Son cours au Collège de France, en 1862, fut odieusement empêché par toute une cohue ameutée ; les sifflets, les cris d'animaux, les vitres qui tombaient avec fracas, produisaient au dehors une épouvantable cacophonie. La police pourchassa amis et ennemis. Nous nous trouvâmes, Champfleury et moi, réfugiés sous une porte cochère avec Emile Augier ; M°" Sand passait sur la chaussée en voiture découverte, et une autre Muse, M""Louise Colet, fit aussi une apparition rapide en sapin.

A une compensation que lui offrit plus tard M. Duruy, Renan répondit : « Sit tecum pecunia tua.., » Il a fallu la troisième République pour le venger, et le nommer administrateur du Collège de France, Il n'était pourtant pas républicain, — ce qui est àThonneur de la République de lui avoir rendu sa chaire et donné ce haut poste.

J'ai eu quelquefois l'honneur de dîner à côté de lui, dans le Cénacle de Sainte-Beuve ^ ; on

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