‹ La salle à manger de Sainte-BeuveChapitre 26 sur 44 · NouveAïLX Lundis, t. I, 4 novembre · texte numérisé non relu

NouveAïLX Lundis, t. I, 4 novembre

Sceptique comme Béranger en ces matières de moi et de non moi politiques, et, comme le vieux chansonnier patriote, auquel on Ta comparé pour sa simplicité bourgeoise, tout aussi éloigné du drapeau blanc que du drapeau rouge (les deux épouvantails de Tépoque pour les modérés et pour les conservateurs), Sainte-Beuve aurait conclu, comme Proudhon, du coup d'État à la révolution sociale, dont il entrevoyait Tavènement, sans bouleversement, sans désordre, par le seul fait d'un gouvernement, s'annonçant comme devant rompre définitivement avec toutes les vieilles formules, tombées en désuétude, et surtout s'il tenait ses promesses de doter la France d'un régime démocratique, original et rénovateur. — Ce fut son utopie : qu'on la lui pardonne ; il en était revenu, et il resta fidèle à lui-même, tout au long de sa carrière, jusqu'au jour où il se proclama publiquement, à la face du Sénat conservateur, de la gauche de l'empire: « L'empire a une droite et une gauche ; à gauche est le cœur ^ » — On ne le lui faisait pas dire ; les circonstances Ty poussèrent.

Il se rangeait par là de l'opposition libérale. Son livre sur ProH^Ao/i indique assez qu'il était

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