Je ne les reçues jamaisi
des Nouveaux Lundis *■ et je suis fier de voir mon nom dedans. Quelques lignes comme celles-là consolent de bien des choses et vous remettent le courage au cœur.
Je vous serre la main,
Albert Glatigny.
Hôtel des Dames, Nice,
21 brumaire.
Mon cher ami,
Ayez la bonté d'aller chercher votre exemplaire de mon bouquin chez Lemerre et de lui donner l'adresse de Malassis à Bruxelles. J'aurais voulu vous le donner moi-même, mais le double état de maladie
1. « Je mettrais dans le même groupe, si j'avais le temps de m'y arrêter (le groupe des jeunes d'alors, François Goppéc, Albert Mérat, Emmanuel des Essarts. Léon Dierx, André Theuriet, etc.). Albert Glatigny, un osé et un téméraire, qui, après les Vignes folles, est venu lancer les Flèches d'or : quelquesunes portent loin. J'avais précédemment retenu de belles stances de lui sur Ronsard {celles que Sainte-Beuve avait citées à VÉcole normale) ; je trouve dans le dernier recueil quelques notes douces, presques pures, la Chanson ignorée, les vers A la vallée du Denacre.. Je les remarque avec d'autant plus de plaisir que je m'y attendais moins.» Nouveaux Lundis, tome X, de la Poésie en 1865. La vallée du Denacre rappelait des souvenirs d'enfance à Sainte-Beuve, qui a lui-même chanté cette même vallée dans ses Poésies.
et de pauvreté où je suis m'empêchera de revenir à Paris. Ma vue est comme uue montre détraquée, ma poitrine est quasi perdue. Je vais probablement laisser ma peau en Corse. Je vous ai écrit à propos de la mort de M. Sainte-Beuve, mais j'ai mis sur l'adresse Passage du Grand-Cerf ^ Avez-vous reçu celle lettre? Je vous serre la main,
Sainie^Lucie de Ta,llanà (Corse).
19 novembre.
Mon cher ami,
Je vous réponds ces deux mots de mon lit. Si je reçois mardi prochain une petite somme que j'attends, je m'embarquerai vendredi 26, il n'y a pas de bateau avant, et je serai à Paris dans les premiers jour de décembre. Je m'arrête parce que je souffre IroD.
Je vous serre la main.
Albert Glatigny,
Il est inutile de me récrire en Corse, votre lettre, si je peux partir, arriverait après mon départ.
1. Je demeurais passage du Commerce, et non passage du Grand-Cerf. La lettre de Glatigny no me parvint pas, et je la regrette.
Mon cher ami,
La défaillance de mon corps m'a empêché d'aller vous voir. Banville m'a bien vite expédié chez mes parents, et il n'était que temps d'y arriver. Je ne vous en écris pas plus long, vous devinez sans peine pourquoi.
Je vous serre la main de tout mon cœur,
Albert Glatigny .
Beaumesnil (Eure).
Mon cher ami,
Je viens d'apprendre l'élection de Jules Janin. J'ai respiré, ce n'est pas Ollivier qui remplace Sainte- Beuve. C'est déjà assez raide de le voir succéder à Lamartine.
Je comptais venir à Paris ce mois-ci. Le beau temps est venu, mais ne m'a apporté qu'une rechute. Je suis encore au lit que je quitte deux ou trois heures au plus par jour. Ça m*ennuie.
Portez-vous mieux que moi.
Je vous serre la main de toute ma force, qui n'est pas grande,
Albert Glatigny.
Beaumont (Eure).
ALBEKT GLATIGNY ET SAINTE-BFUVE 3*27
Mon cher ami,
Je me suis payé une petite course de convalescence qui m'a fait le plus grand bien. J'ai envie de revenir à Beaumesnil en passant par la rue Montparnasse, ayant besoin d'ailleurs de rester deux jours à Paris... Je voudrais bien voir aussi où en est mon pauvre Bois, reçu chez l'Odéon, et savoir si on me le jouera pour la réouverture au mois de septembre.
Je vous serre la main,
Albert Glatigny.
Jusqu'à lundi chez M. Legris, marbrier, Lillebonne (Seine-Inférieure),
Après cela, si je ne peux aller à Paris, à Beaumesnil {Eure).
24 décembre.
Mon cher ami,
Où peut-on se procurer le petit buste de Sainte- Beuve que j'ai vu chez vous ^? S'il n'en existe plus d'exemplaires, indiquez-moi le meilleur portrait, photographie ou gravure, afin que je me le procure. Il y a longtemps que j'en ai envie. Je veux avoir quel-