LA CLOCHE UNIVERSITAIRE
(Page 6i du texte,)
Au sujet de la cloche universitaire, placée au-dessus de la salle de la librairie, j'ai recueilli dans un manuscrit du XVIJe siècle, de la Bibliothèque d'Orléans (M. 431), attribué par plusieurs personnes à M. Hector Desfriches, et auquel on attache généralement quelque autorité, les détails suivants, qui m'ont paru mériter d'être reproduits.
Après avoir dit que l'Université possédait deux cloches :
1» Celle nommée cloche du droit canon, qui, lors de la rébellion de la ville et du siège de la citadelle, sous Henri III, fut brisée par ordre du maire et des échevins, fondue et convertie en boulets de canon, puis, plus tard, remplacée par une autre donnée par la^ ville aux docteurs qui, à leur tour, la vendirent en 1647 à deux fondeurs, au prix de 8 sols la lixTe ;
2*" La cloche universitaire placée au-dessus de la salle de la librairie ;
L'auteur ajoute :
« Pour le regard de l'horloge de l'Université, c'est une cloche € fort ancienne. Elle peut peser environ 1500 livres (on a vu € ci-dessus, par l'acte de vente de 1757, aux chanoines de « Saint-Aignan, qu'elle pesait 2034 livres). Elle est sur la voûte € de la librairie, que je crois avoir été les Écoles de Droit avant « que Louis XII eût bâti celles d'à présent. J'ai bien eu de la a peine à lire ce qui est sur la dite cloche, quoique je l'eusse m fait laver et brosser une heure durant. C'est un caractère qui « n'est pas gothique, mais rond et ancien. Voici ce qui y est, en c vers léonins :
Hanc horas œque campanam nocte die que Quœ numéral fîeri fecit mater sacra clerij Quœ renitet sacris documentis Aurelianis, Anno millesimo tercenteno quoque deno.
MM. les docteurs-régents, dans leur délibération du 5 mai 1757, avaient donc raison de dire que cette cloche, qu'ils vendaient au chapitre Saint-Aignan, était fort ancienne^ puisqu'elle datait (d'après l'inscription) de l'an 1312, c'est-à-dire de l'origine même de l'Université.