‹ La SalvarsanothérapieChapitre 16 sur 33 · NP AE · texte numérisé non relu

NP AE

Que penser d’un pareil cas? Que faire en pareïlle circonstance ?

Eh bien! croyons-nous il faut incriminer l’excessive prudence, qui a fait injecter 0 gr. 40 de Salvarsan, alors que hardiment il fallait injecter 0 gr. 60 pour stériliser un organisme infecté par une vérole particulièrement maligne. Notre échec provient de notre dose trop modérée et il nous aurait fallu être plus confiant dans notre méthode des fortes doses.

On voit aussi que le traitement intensif au début donne de bons résultats en clinique, et cependant il a des adversaires irréductibles ; mais nous croyons leur avoir répondu en montrant l’utilité de l’examen complet du sujet, et cet examen pourra nous fournir les indications pour les doses et les différents modes d’application.

$ II. — Acrron pu 606

On ne saurait trop nier l’action du 606, elle s’impose aux moins crédules. Ce n’est sûrement pas d’une illusion qu'il s’agit, lorsque vous voyez une perforation de la voûte palatine où une gomme de la jambe disparaître au bout de dix à quinze jours et quelle gomme! 15 centimètres de largeur sur 10 centimètres de longueur. |

Quant aux accidents spécifiques secondaires tels que: plaques muqueuses, roséoles, etc., qui disparaissent parfois 24 heures après le traitement; est-ce assez abréger l’évolution d’accidents que l’on mettait autrefois deux et trois semaines à Juguler?

Sans être aveuglé par l’enthousiasme, et de bonne foi,

LS ESSS

nous affirmons que le médicament que nous possédons actuellement a une action curative bien plus efficace et bien plus forte que ceux que nous employions jusqu’à présent.

Nous nous sommes demandé sile Salvarsan exercçait une action préventive sur la syphilis? Iei je mets en parallèle le Salvarsan avec le mercure. Tous, nous savons qu’un syphilitique bien soigné présente rarement des manifestations spécifiques et, s’il y a apparition de quelques accidents, ces accidents sont bénins par rapport à ce qu’ils auraient été chez un malade négligemment soigné; or le Salvarsan agit très vite et, partant, il ne permet pas aux poisons syphilitiques, sinon aux spirochètes eux-mêmes, d’envahir profondément l’organisme; les accidents, et cela peut se produire s'ils venaient à réapparaître, seraient d’autant plus bénins et insignifiants que le traitement aurait été plus tôt et plus énergiquement appliqué au début de l’infection.

Nous pouvons donc être bien sûr qu’avec un traitement rationnel et bien conduit, nous 'arriverons à conjurer les manifestations secondaires ; en tout cas nous aurons une syphilis secondaire très atténuée et presque sans gravité, au moins pour l'individu.

Et c’est ainsi que le tertiarisme, ce stade de beaucoup le plus grave et le plus redouté de la syphilis, pourra être évité, et dès lors nous pourrons rassurer les malheureux, qui n’envisagent l’avenir qu'avec la crainte de ces terribles accidents.

Mais nous pouvons dire aussi que le Salvarsan est un préventif précieux contre les accidents spécifiques hérédi-

taires. | Rappelons done à cet égard les conclusions qui nous

semblent les plus logiques,

La syphilis non traitée ou mal traitée donne, au point de vue de la génération, une proportion considérable d’avortements ; d’accouchements prématurés d’enfants morts ou moribonds; et quand nous n’en sommes pas réduits à cela nous voyons naître des enfants rachitiques, faibles, étiolés, infectés des poisons syphilitiques et destinés, sinon à la mort prochaine, du moins à une existence: précaire et misérable. Et le plus grave c’est qu’au cours de plusieurs grossesses ces tristes événements peuvent se répéter.

Mais si un médicament énergique et efficace comme le Salvarsan est intervenu, le tableau change. Le Salvarsan corrige les tares, amende les mauvais effets et pour ainsi dire stérilise les individus générateurs suffisamment. pour ne pas contaminer leurs produits.

Et cela est merveilleux, c’est ici que se manifeste de la meilleure facon l’action préventive du Salvarsan en matière d’hérédité. Si l’on veut se rappeler les statistiques de la mortalité infantile dans la syphilis on voit que, pour les cas des sujets non traités, ou du moins avec négligence, la mortalité s'élève à 82 p. 100 et qu’au contraire elle descend bién au-dessous de 5 p. 100 (!) pour les sujets traités convenablement et avec soin. Je crois que de tels dhiffres sont assez éloquents pour se passer d’explications complémentaires.

Passons maintenant à l’action du Salvarsan dans l’ensemble, et logiquement nous devons étudier si le Salvarsan répond aux divers principes énoncés par Ehrlich en matière de chimiothérapie; nous avons ramené ces principes à quatre propositions pour la commodité et la clarté de notre étude:

1° Le médicament agissant spécifiquement sur un para. site doit avoir avec lui une affinité chimique ;

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