LE TR
2° Le médicament doit-être parasitotrope et non organotrope; c’est-à-dire avoir une action élective sur le parasite, mais non sur les organes de l’individu infecté;
3° Le médicament devrait agir en une seule fois;
4° Il est indispensable que la dose tolérable (c’est-à-dire la plus élevée, mais non mortelle) et la dose curative (c’est. à-dire celle par laquelle le parasite disparaît en entier), soient sensiblement égales.
Ce sont ces principes qui forment la base de la fameuse Thérapia sterilisans magna d'Ehrlich,
Reprenons ces propositions et voyons si le 606 est bien conforme à leur teneur.
Il est hors de doute que plus l’affinité chimique d’un corps vis-à-vis d’un parasite sera grande plus sûrs et plus rapides seront ses effets destructeurs vis-à-vis de cet agent pathogène. Mais, ajoute Ehrlich, qu’il soit parasitotrope et jamais organotrope, et qu’il respecte les cellules des tissus de l’organisme, et que surtout en l’occurrence il n’atteigne pas les éléments si délicats de l’innervation optique. Et c’est ainsi qu'Ehrlich est amené à réserver le nom de spécifique au corps qui, n’agissant pas sur les cellules agit, au contraire, exclusivement et en une seule fois sur les micro-organismes monocellulaires, tels que les trypanosomes et les spirilles. C’est suivant ces idées qu’Ehrlich concevait dans toute sa beauté et toutes ses esp°rances la T'herapia stérilisans magna.
Le 606 a-t-il réalisé les espérances et justifié l’enthousiasme des premiers expérimentateurs? Jusqu'à présent; non. Et au sens où l’entend Ehrhch, le 606 n’est pas le spécifique parfait; en cela, il est sur le même pied que tou: | les médicaments de la thérapeutique courante,
et
Il n’est vraiment pas de remède qui soit infaillible; mais une chose est certaine, c’est que jusqu’à l’apparition du 606, les préparations mereurielles et autres ne faisaient disparaître les accidents spécifiques qu'après de longs jours et parfois de longues semaines ; actuellement le Salvarsan met souvent à peine 24 heures à les effacer. En toute justice l’action élective du 606 sur le parasite n’est pas un vain mot.
Maïs Ehrlich dans sa troisième proposition énonce que c’est en une seule fois que le médicament doit parfaire son action curative, et stériliser l’organisme infecté. Evidemment ce serait l’idéal de la thérapeutique spécifique, mais nous n’en sommes pas encore là, très heureux, sommesnous, d’avoir trouvé un agent rapide et domptant en peu d'heures les manifestations dangereuses et contagieuses de la terrible maladie. Espérons qu’un jour nous atteindrons le but suprême de la guérison parfaite et définitive et que l’humanité se débarrassera de ce fléau comme elle s’est débarrassée de la variole et d’autres maladies infectieuses par les armes de la prophylaxie et d’une thérapeu: tique bien entendue. |
La dernière proposition que nous avons tirée des principes d’Ehrlich exprime que la dose tolérable et la dos: curative doivent être sensiblement égales. A titre de document nous allons donner le tableau des six préparations arsenicales que Ehrlich a expérimentées et nous verrons que le dioxydiamidoarsénobenzol présente le rapport le plus faible et qu’ainsi il se rapproche le plus de l’idéal du maître. Dans ce tableau les lettres C et T désignent les
doses curatives et les doses tolérables : —
Eten
Atoxyl
Arsénylacide de Hg .
Arsacéline .
Arsénophénylglyeine Amidophénolarsenoxyl .
Dioxydiamido arsénobenzol
(OAI 0,12
Les expériences se sont poursuivies sur des animaux infectés et l’on examinaiït la teneur en spirochètes, après avoir fait agir chacune des préparations en cause; de toutes celles qui furent alors étudiées c’est l’arsénobenzol qui s’est montré en l’occurence le plus spirillicide. On est très frappé aussi quand on observe les effets du 606 sur les tissus malades; de sa rapidité d’action, de son activité spirillicide parfois étonnantes et l’on voit ainsi qu’à côté de l’action spirillicide, une part importante est à faire à son action cicatrisante dans les tissus.
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LE SÉRO DIAGNOSTIC
De toutes les branches de la thérapeutique, nulle, croyons-nous, n’a fait de progrès plus rapides et plus grands que le mode de traitement de la syphilis (syplilidologie). L'efficacité de ces méthodes est telle que, non seulement nous pouvons fonder sur elles les plus belles espérances, mais déjà nous pouvons et devons obtenir les meïlleurs résultats. Mais il faut que le médecin apprenne à se servir des armes que les recherches expérimentales des dernières années (Schaudin, Wassermann, Ehrlich) lui ont mises entre les mains. :
Et d’abord avant toute thérapeutique la question de diagnostic s’impose; il serait dangereux, done coupable, d’exposer des sujets à recevoir des soins que leur état ne comporte pas. C’est ici que ces grandes découvertes vont servir. Tout d’abord nous avons les différents modes de recherche du spirochète ; la présence du spirochète dans un exsudat, voire même dans une coupe de tissu est la preuve indéniable de l’existence de la syphilis. Maïs on ne retrouve le spirochète que dans les manifestations primaires et secondaires et dès lors les accidents tertiaires ou parasyphilitiques peuvent échapper, ces moyens d’investigation restent donc incomplets.