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Au contraire, la réaction de Wassermann existe à tous les stades de la vérole, primaires, secondaires, tertiaires et même para, voilà un précieux moyen de diagnostic, si l’on ajoute, qu’il permet de déceler la syphilis latente et sans manifestations extérieures. Combien de fois n’a-t-on pas vu des personnes chez lesquelles les accidents primaires et secondaires avaient été discrets et inaperçus et chez lesquelles une réaction de Wassermann a mis en lumière une syphilis d’autant plus dangereuse qu’elle était ignorée. Combien de fois pourrait-on prévenir ainsi les conséquences lamentables de l’hérédo-syphilis.

D'autre part on a remarqué que 90 p. 100 des paralysies générales, des tabes, des anévrismes et des insuffisances aortiques donnaient une réaction de Wassermann positive, il a donc été permis de conclure qu’il y avait peut-être syphilis et ainsi d’établir une thérapeutique logique, sinon efficace. Ajoutons qu’au point de vue social et prophylactique elle est précieuse en ce sens qu’elle permet de s’assurer de la santé de certaines personnes de confiance, telles les nourrices.

Mais où cette réaction, en dehors du diagnostic et de la prophylaxie, va rendre service, c’est qu’elle devient pour le médecin le guide sûr, qui éclaire la voie pour les soins à donner au malade.

Si la réaction disparaît, le médecin est en droit de considérer le malade comme guéri; si, au contraire, elle subsiste le médecin doit continuer le traitement. Mais il est des cas, où la réaction disparaît pour réapparaître quelque temps après; c’est qu’alors les accidents sont imminents et qu'il faut intervenir. C’est donc un guide et un avertisseur qui nous mettra en garde contre une nouvelle invasion du spirochète ; le malade sera donc soumis à une

nouvelle série d’injections, alors même qu'aucune lésion extérieure n'existe.

C’est pour cela que tout notre effort doit se porter vers un seul but : obtenir la réaction négative de Wassermann et quand elle est obtenue, la maintenir. Et c’est ici qu’il faut noter que plus l’infection est récente, plus la réaction de Wassermann disparaît facilement, mais peut-être lui est-il plus facile de réapparaître si les soins nécessaires ne sont pas donnés.

Actuellement donc le seul critérium de l’existence ou la non-existence de la syphilis est la présence positive ou négative de la réaction de Wassermann.

Il est évident que chaque médecin devra se guider sur les. données du séro-diagnostic de Wassermann; seule la réaction négative peut assurer le médecin et le malade d’une sécurité que le traitement peut et doit fournir.

C’est pourquoi le médecin doit conseiller et, au besoin, exiger du malade que le séro-diagnostic soit répété souvent dans la première et la deuxième année de l’infectionfi. La réaction devient-elle positive? Recommencez le traitement. La règle devrait être celle-e1: faire la réaction cinq semaines après le traitement; refaire l’épreuve tous les trois mois la seconde année de l’infection; chaque six mois, la troisième année; et alors, après le dernier sérodiagnostic, s’il est négatif et, surtout, si tous ont été négatifs on est en droit de rassurer définitivement le malade et de lui dire qu'il est guéri.

Aussi faut-il ajouter que la réaction doit être bien faite avec des réactifs sans reproches, car il existe des réactifs imparfaits et impurs et qui, par là, peuvent donner des résultats erronés et, partant, fournir des diagnostics faux, induire le médecin en erreur et faire soumettre les

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malades à des soins au moins inutiles à leur santé générale. ï

Divers auteurs ont préconisé des réactions modifiées, mais très voisines de la réaction de Wassermann ; Noguchi a démontré que la réaction de Wassermann était sujette à des erreurs (le sérum humain contient une quantité variable d’ambocepteurs (sensibilisatrices), susceptibles de réactiver le complément du cobaye). Les auteurs qui se sont intéressés à la question sont Porges, Hecht et Bauer.

À l’hôpital de Béziers on emploie généralement la méthode de Hecht modifiée par Weinberg:.

Cette méthode est très simple et pour peu que le praticien connaisse les procédés de chimie pathologique clinique, il pourra très facilement opérer lui-même et réaliser l’épreuve concluante.

L'’outillage est des plus simples et désormais le médecin ne devra pas s’arrêter devant les difficultés que l’on se plaisait à accumuler sous ses pas.

Réaction de Wassermann. — 1° 1/10 de centimètre cube d’antigène dans 2? ce. 9 de sérum artificiel.

2° Emulsion de globules rouges de mouton; sang recueilli et défébriné réparti à raison de 5 cc. par tubes. ‘ Pour conserver ce sang aseptique, ajouter à chacun de ces tubes 1/10 de ec. de la solution suivante:

Formol... 1 (du commerce à 40 0/0).

Eau salée 9.

Tube 1 Tube? 3 Témoin Antigène PCT nes 0,1 0,2 ») Hraumaléessren ent OI » 0,2 Sérum à examiner... 0,1 0,1 0,1

Soit 3/10 de ce. par tube au total.

Agiter les tubes, mettre à l’étuve à 37° une heure et demie.

Au bout de ce temps ajouter dans chacun 1/10 de ce. d’émulsion de globules rouges préparée comme suit: un tube contenant 5 cc. de sang de mouton est ajouté à 95 ce. de sérum artificiel. Rss

Remettre à l’étuve demi-heure jusqu’à hémolyse du tube 3.

Hémolyse des tubes 1 et 2, sang normal.

S'il y a précipitation des globules, done pas d’hémolyse des tubes 1 et 2 — sang syphihitique.

Mais il peut se faire que le Wassermann étant négatif, le médecin soupçonne quand même la syphilis. On conseille alors, et les meilleurs auteurs sont de cet avis, d’occasionner ce qu’on appelle une réactivation, et cela au moyen d’injections mercurielles et du salvarsan. Après prélèvement du sang on analyse et l’on peut alors se rendre compte de l’infection probable ou certaine du sujet. Tout ceci veut dire que la réaction positive de Wasser. mann permet de considérer le malade comme contaminé, mais si la réaction est négative il ne s’ensuit pas que le malade soit indemne et dans ce cas il faudra l’éprouver en tentant une réactivation.

Nous devons ajouter que, à côté de la réaction de Wassermann, le docteur Bénario, collaborateur d’'Ehrlich, qui nous à si aimablement reçu à Francfort, préconise l’examen cytologique du liquide céphalo-rachidien et que la présence ou l’absence de leucocytes, ou même simplement la comparaison des formules leucocytaires pouvaient donner de précieuses indications en matière de diagnostic ou de prophylaxie de la syphilis.

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