COMPARAISON ENTRE LES EFFETS DU MERCURE ET DU SALVARSAN
Dans cette étude forcément succincte nous désirons mettre en face des résultats obtenus par le mercure, les résultats obtenus par le salvarsan; nous étudierons également les dangers que présente le mercure et aussi ceux que pré sente le salvarsan.
Nous commencerons par le mercure qui, parmi les remèdes expérimentés, est peut-être le plus efficace et que nous voyons apparaître, dans l’histoire de la médecine à l’heure même où la vérole se répandait et faisait ses plus terribles ravages.
Nous connaissons trop les effets favorables du mercure pour oser médire de lui. Nous savons également que l’humanité toute entière lui doit de grands services. Maïs en face des résultats observés après l’application du salvar. san, malgré les défiances du début, on est forcé de s’incliner devant la supériorité du 606 par rapport au mercure. L'activité thérapeutique du salvarsan est indéniable. Chacun sait quel temps il fallait pour que les accidents disparaissent, avec les anciens traitements, par exemple, une plaque muqueuse ?
5 Let À NES
Le mercure les a-t-il fait disparaître au bout de 24 heu res? Et les accidents tertiaires et l’hérédosyphilis ont-ils été aussi promptement jugulés? Non. Le salvarsan se montre beaucoup plus efficace et son effet nous semble beau: coup plus rapide par rapport à l’action des agents mercuriels, et cela ne laisse pas que d’avoir une grosse importance au point de vue social. Blanchir un individu direzvous. Eh bien, oui le blanchir; mais e’est le mettre hors d’état de contaminer, à condition de le surveiller et d’empêcher toutes négligences coupables.
Quant à l’injection intra-veineuse (car nous ne parlons que de celle-là, l’injection intra-museulaire n’étant plus en usage), elle se présente avec le maximum de facilités et d'avantages; elle est très simple et le malade préfère se faire injecter une fois par semaine; il s’y soumet plus volontiers et ne tient pas à se faire injecter des substances, tous les jours ou les deux jours, pouvant laisser des traces nodulaires parfois douloureuses et souvent indiscrêtes. Il ne faut pas oublier que pour un certain publi: éclairé, la syphilis est une maladie, comme tant d’autres, banale et gagnée dans un contact presque nécessaire ; mais pour la masse, encore mal instruite, pour le peuple qu.
. malgré tout n’a pas encore reçu les instructions nécessaï: res en cette matière, ou qui les ayant reçues, n’a pas pu les comprendre, la syphilis reste une maladie honteuse, fille de la débauche, et alors les fils du peuple, imbus de ces idées, n’osent pas se faire soigner, beaucoup d’entre eux reculent devant l’injection quotidienne de sel mercuriel, qui n’hésiteraient pas à venir une fois par semaine se faire appliquer le médicament héroïque et, qui plus est, se trouve le plus discret, dont leur entourage ne saurait s’apercevoir et qui par eonséquent réunit le maximum de sécurité au point de vue social et familial.