‹ La SalvarsanothérapieChapitre 22 sur 33 · TOP · texte numérisé non relu

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Les syphiligraphes et les médecins non spécialisés con: naissent les effets ptyaliques du mercure; et heureusement nous sommes loin de l’époque, où l’on considérait la salivation hydrargyrique comme le critérium de la satu. ration mereurielle et par conséquent de la limite thérapeutique de l’emploi du mercure. Mais nous connaissons malheureusement des cas de stomatites graves, des troubles gastro-intestinaux dus au mercure, qui ne font que s’accentuer après l’injection ou l’ingestion répétées de mercure ; il ne faut pas oublier non plus les accidents cutanés de l’hydrargyrisme. Le professeur Fournier prétend, et avec juste raison, que bien soigné, le malade à de grandes chances d’éviter ces accidents; mais combien comptons-nous de malades qui se soignent bien. Il en est peu, en tous cas, car nous voyons la plupart des malades avec une bouche en mauvais état et nous ne croyons pas que ce soit là un gage de bonne réussite d’un traitement comportant autant de risques.

Voyons maintenant quels sont les accidents après une injection de Salvarsan. Comme nous l’avons dit plus haut, lorsque toutes les précautions de stérilisation dusérumont été prises, on évite ces ennuis tels que céphalées, hyper. thermie, picotements à la gorge, sensations de brûlure dans la bouche et parfois thrombose de la veine ponc. tionnée. On ne saurait accuser le salvarsan et surtout en ce qui concerne les accidents antérieurs à la pratique de l'injection intra-veineuse.

Il est vrai que les injections intra-musculaires de sal ‘arsan occasionnaient de fortes douleurs, des indurations, des eschares, ete.; mais c’est le passé et il faut avouer que comparée aux autres traitements, l’injection de salvarsan est la plus prompte, la plus commode, la plus discrète

et surtout celle dont les résultats sont les plus évidents et les plus intenses.

Il est vrai que quelques syphiligraphes et, parmi eux, notre maître le professeur Vedel, préconisent l’association de la préparation arsenicale avec le mercure sous forme de benzoate de Hg, d'huile grise, et même de calomel. æ

Il est bien évident que si l’on prend exclusivement l’intérêt du malade, ce qui est très noble et de devoir, et si l’on a souci de son avenir et de le mettre à l’abri des récidives possibles, il est logique d’associer les deux médicaments et même d’y ajouter les iodures. Mais pour l’expérimentateur qui dans un but élevé, fait abstraction des contingences, qui désire savoir la valeur d’un médicament lequel, on peut le dire, a révolutionné la thérapeutique en syphiligraphie, on peut regretter que cette association (Hg et As) ne permette pas dans quinze ox vingt ans de discerner les résultats qu'il faudra attribuer au mercure et au composé arsenical. Maïs il est vrai, que pour nous autres praticiens cette question doit rester secondaire, car nous sommes dévoués par principe au ser vice des malades et, peu nous importe, du moment qu'ils sont guéris et qu'ils ne revoient plus les accidents réapparaître.

En tout cas, que l’on dise ce que l’on voudra, le sal: varsan, malgré les attaques, parfois injustes, de rares maîtres de la syphiligraphie contemporaine, le salvarsan, disons-nous, est un remède très actif et très supérieur au mercure. Jusqu'à présent et, d’après notre expérience personnelle, nous n’avons qu’à nous louer de son emploi. À vrai dire ce n’est pas la ( thérapia sterilisans magna » dans son éclat des premiers jours, mais c’est un large

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espace de chemin parcouru vers elle et c’est le premier effort de l’élan qui tend à cet idéal.

Malgré tout si nous avions à choisir entre deux médicaments, d’égale valeur thérapeutique, ne serait-il pas plus sage d’opter pour celui qui nous donne des garanties en ce qui concerne la promptitude, la discrétion et la com modité pour le malade et le médecin; les ennemis du Salvarsan, eux-mêmes, sont d’accord pour le reconnaître aussi actif que le mercure, mais ils semblent vouloir s’obstiner à ne pas comprendre que, pour le patient qui veut cacher son mal, il est d’une ressource incomparable.

Cependant on a porté contre le salvarsan une accusation plus grave et, nous pouvons dire, contre l’arsénothérapie en général. Le Salvarsan, a-t-on dit, tue des malades et à l’appui on citait même des cas; les ennemis de [x méthode s’emparaient de ces cas et menaient grand tapage, publiant de divers côtés des notes et, même des articles tout à fait pessimistes, incitant les praticiens à la méfiance et même au rejet du médicament, de sorte que chacun retirait une impression très pénible de ces querelles entre chefs d'école.

Quant à nous, nous attribuons les accidents occasionnés par le Salvarsan à un emploi mal avisé du médicament Il est vrai que, considéré comme parasiticide universel, on l’a employé dans la blennorrhagie, y compris ses manifestations rhumatismales, dans la tuberculose à la troisième période et même dans le cancer, il était au moins imprudent, dans ces derniers cas au moins, d’user de ce médicament pour des sujets atteints de tares aussi graves; Jamais, et nous ne saurions trop insister, il ne faut appliquer ce traitement à des sujets affaiblis et dont la vitalité se trouve amoindrie par des déchéances organiques diverses. |

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