‹ La sandale ailée, 1903-1905Chapitre 22 sur 52 · LE DÉPART · texte numérisé non relu

LE DÉPART

Moi, le maître du champ, du clos et du verger, J'ai vu mûrir le fruit à la branche alourdie Et la g-rappe charger le cep que son or plie, Et j'ai laissé la porte ouverte à l'étranger!

Que tous entrent ici cueillir et vendanger, Chacun scion sa force et selon son envie ; Je pars, et que la mer, au gré du vent, dévie Ma fortune nouvelle et mon vaisseau léger!

Je ne reviendrai plus ; vous m'oublierez. L'automne Ramènera le fruit et la g-rappe. Personne Ne se souviendra plus de celui dont la main

Planta l'arbre docile et la treille certaine, Et qui chang-ea, reprise à son Dieu souterrain, La source sans visage en masque de fontaine.

LA SANDALE AILF.E

Page 1