‹ La sandale ailée, 1903-1905Chapitre 39 sur 52 · LE SOUHAIT · texte numérisé non relu

LE SOUHAIT

Peut-être, si j'avais choisi mon temps où vivre, Eussc-je, grave et doux, vieilli sous le turban, Et ma vie eût passé ses jours calmes à suivre L ombre du cyprès noir et du minaret blanc.

Dans la fraîche mosquée où mille fleurs sont peintes Sur la faïence lisse autour du nom d'Allah, J'aurais, les yeux levés vers les lampes éteintes, Attendu qu'Azraël, à mon tour, m'appelât;

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A la fontaine pure où coule une onde claire, J'aurais lavé mes pieds, mon visag-e et mes mains, Et prosterné mon corps au tapis de prière, Chaque fois qu'au ciel bleu chantent les muezzins;

Et, sur la Corne d'Or par la rxuit étoilée, Mon caïque eût fendu le flot pareil aux cieux ; Et ma femme p@ur tous jalousement voilée N'eût montré qu'à moi seul les astres de ses jeux.

Ainsi j'aurais vécu dans ma demeure close,

Mêlant à la senteur en feu du tabac fia

Le parfum du santal et l'odeur de la rose,

Scis qu Iquo vieux Sultan, au nom sonore et saint.

Et dans le cimetière où se pressent les tombes, Harmonieusement et du haut des cyprès, La voix des rossignols et la voix des colombes Auraient bercé, là-bas, mon sommeil sans regrets.

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Et souvent, à ce cadre ou votre claire imag'e Sourit toujours la même en son môme matin, Je suspends pour offrande et j'offre pour hommage Une rose pareille aux roses du jardin.

Où vous marchiez, le long* des buis à la française, Devant quelque château de Bourg-og-ne ou d'Artois, Quand vous aviez seize ans, au temps de Louis Seize, Et lorsque vous étiez telle que je vous vois.

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i58 LA sandaliî; ailée

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