SOIREE
C'est la nuit. Tout est bien ; tout est doux; tout estbeau, La fenêtre est ouverte et l'air est embaumé ; Un vent vague et furtif soulève le rideau Et le silence est plein d'un souvenir aimé.
Taisons-nous. L'heure est bonne et voici sur le mur Les livres familiers, les portraits, les estampes. Ce vase, sur la table, est frais comme un fruit mûr Et son bouquet s'empourpre à la lueur des lan^pes.
[86 lA SANDALE ATLKE
Ses roses en riant reg'ardent le miroir Oui les reflète au fond de son cristal nocturne Où comme elles souvent tu aimes à te voir, Comme elles, souriante et pourtant taciturne ;
Mais l'heure est si tranquille et si tendre, et le vent Si lég'er au rideau qu'il soulève et tourmente Que tu restes, ce soir, allong-ée au divan Et que je te contemple ainsi, sag-e indolente,
Et ton visage seul suffirait à mes yeux, Qu'enchantent ton repos, ta grâce et ta beauté. Si je ne voyais pas, vif et mystérieux, Ton pied charm^ant et qui est nu dans la clarté . . .
LA SANDALE AILEE l8