‹ La sandale ailée, 1903-1905Chapitre 51 sur 52 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Je vous aime en ces lieux dont vous êtes la gloire,

La grâce et la beauté, Et dont le souvenir sera dans ma mémoire

Que vous ayez été

La douceur de ces jours que votre doux visag-e

A vus fuir un à un Avec leur clair soleil ou leur tiède nuag-e,

Leur bruit et leur parfum,

ig4 LA SANDALE AILÉE

Car c'est vous dont la voix, le rire ou le silence

M'ont rendu précieux Cette mer calme et ce beau ciel auxquels je pense

En regardant vos yeux ;

C'est là que vous marchez lentement sur le sable,

Au murmure des pins, Et sachant qu'il n'est rien qui soit plus désirable

Qu'une fleur en sa main.

Vous vous baissez, malgré les pointes importunes Que dardent les chardons,

Et près d'eux vous cueillez l'œillet mauve des dunes Petit et qui sent bon.

Car de ce que la vie équivoque et furtive Tend d'un geste sournois

A ceux qu'elle rencontre à l'heure où l'ombre arrive Et rampe dans le bois,

LA SANDALE AILKE mb

Vous n'avez rien voulu ni de ce qu'elle donne Et que Ton trouve beau,

Ni son masque, ni son miroir, ni sa couronne, Son sceptre ou son anneau;

Et l'œillet odorant au sable qu'il embaume,

Avec simplicité, Est l'insigne fleuri de votre doux royaume

De grâce et de beauté.

igG LA SANDALE AILÉE

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