RÉGIME DES JEUNES ENFANTS
Si la nourrice a assez de lait, l’enfant n’aura besoin que de très-peu de nourriture pendant les trois ou quatre premiers mois; ce qu’il faut leur donner doit être liquide, léger, rafraîchissant. Après ce temps, il est en état de prendre quelques aliments de facile digestion. On l’habituera peu à peu à prendre une nourriture de plus en plus solide.
Le première alimentation des enfants en bas âge exige la plus grande attention; car, selon beaucoup de médecins célèbres, le carreau, les scrofules, les diarrhées rebelles, les affections vermineuses dont les jeunes enfants sont atteints, peuvent avoir pour cause l’abus de la bouillie^ espèce de mastic fait avec des farines de froment, de sarrasin, etc. Cette bouillie empâte plus qu’elle ne nourrit. Les aliments indigestes fermentent dans les intestins délicats de ces jeunes êtres, y développent des acides irritants, et favorisent le développement d’une infinité de maladies. La meilleure nourriture pour les jeunes enfants est la panade claire, la semoule, la fleur de riz, le vermicelle et toutes les pâtes préparées et cuites au beurre. Lorsque l’estomac de ces jeunes êtres peut digérer quelque chose déplus lourd, il faut leur donner toutes les soupes grasses et maigres, à l’exception de celle au lard.
Lorsque la mère n’a pas assez de lait, elle doit, après avoir donné le sein à l’enfant, l’habituer à boire un peu de lait de vache ou de chèvre coupé avec du bouillon ' de pain, d eau de riz ou de gruau; si l’enfant offre des signes d échauffement, on coupe le lait de préférence
avec de 1 infusion d’orge, de chiendent et de racine de guimauve.
Dans les premiers jours de la naissance, il faut régler les repas de 1 enfant; on doit alors lui donner souvent à téter, mais peu à la fois; lorsqu’il est fort, il faut l’habituer peu à peu à téter, à des heures fixes, c’est-à-dire ordinairement quatre fois par jour, avant chaque repas de la nourrice, et deux fois pendant la nuit. Rien n’est plus nuisible à la nourrice et à l’enfant que de laisser ce dernier continuellement pendu au sein ; cette mauvaise habitude épuise la nourrice et empêche le lait d’être nourrissant.
On doit interdire aux enfants ; les fruits verts et acides, la pâtisserie, et tous les aliments lourds etéchauflants, les aliments salés et épicés, le vin pur et les liqueurs fortes; en un mot, toutes les boissons el tous les aliments qui ne conviennent pas aux nourrices. C’est surtout lorsque les enfants font leurs dents que la nourrice doit s’observer dans son régime ; car, dans cette circonstance, son lait est le seul aliment qui convienne à l’enfant. Encore bien que la nourrice ne soit point échauffée, il est utile qu’elle prenne alors des boissons adoucissantes, comme la tisane d’orge, dechiendent, de guimauve.
Si, lorsqu’il fait ses dents l’enfant est sevré, sa nourriture doit se composer : de bouillon de veau ou de poulet dans lequel on fait cuire une petite quantité de semoule ou de vermicelle.
Les enfants tourmentés par la dentition exigent encore d’autres soins; il est nécessaire alors de leur administrer chaque jour deux lavements de son, de graine de lin ou de feuilles de mauve; et dans le cas cù il existe des coliques, on fait bouillir dans l’eau
de ces lavements une pincée de fleurs de coquelicot.
On doit leur donner, pour étancher leur soif, une boisson douce et calmante, comme décoction d’orge ou de chiendent, infusion defleursde mauve ou de violette, auxquelles on ajoute, lorsqu’il y a de fortes coliques, ou une grande agitation, une pincée de fleurs de coquelicot ; s’il arrivait que les enfants ne voulussent d’aucune de ces boissons, on leur donnerait de l’eau sucrée tiède avec un peu de sirop de violette; et pendant tout le temps qu’ils sont couchés, on leur maintient sur le ventre un léger cataplasme de farine de lin, ou un morceau de flanelle trempé dans l’eau de mauve.
Il est mauvais, pour la santé des jeunes enfants, de les tenir trop chaudement. Quand on les lève, il faut les habiller promptement et avoir soin de fermer les portes et les fenêtres de la chambre parce qu’étant presque toujours en transpiration, un courant d’air pourrait donner lieu à diverses maladies.
On doit coucher les enfants dans une chambre, bien aérée; mais il faut avoir soin que le berceau ne soit pas vis-à-vis une porte ou une lenètre à cause des courants d’air.
Les enfants ne doivent pas être serrés dans leurs vêtements et surtout dans leurs maillots; car la compression exercée sur le ventre ou la poitrine de ces jeunes êtres les empêche de respirer librement, occasionne de mauvaises digestions et nuit à la circulation du sang.
La propreté a une grande influence sur la santé des jeunes enfants ; on doit donc avoir soin de les changer souvent de linge et leur laver toutes les parties du corps au moins une fois par jour; de leur nettoyer la tète chaque malin avec une brosse douce, afin d’empêcher la
formation îles croûtes provenant de la transpiration de la tôte.
Le vin plus ou moins pur, et autres liqueurs échauffantes doivent être interdits aux enfants en bas âge; c£r toutes ces boissons leur occasionnent un grand ôchauffcment, des coliques et môme des convulsions.
Il ne faut jamais leur donner de remèdes actifs comme les vomitifs et les purgatifs et tout ce qui agit sur les nerfs et trouble violemment les fonctions du corps, à moins que leur emploi ne soit indispensable.
Le défaut d’exercice convenable est une des causes qui concourent le plus à abréger les jours des enfants et à leur rendre la vie languissante.
Il est dangereux de faire marcher les enfants trop jeunes et avant que leurs membres aient la force de soutenir le poids de leur corps. La meilleure manière de les soutenir lorsqu’on leur apprend à marcher, est de les tenir par la main, et ce qui vaut mieux encore c’est de les laisser se rouler par terre.
La manière de soutenir les enfants avec les lisières, a pour inconvénient de faire pencher le corps en avant et de le rendre voûté, d’aplatir la poitrine et de la faire rentrer en devant et de gêner la respiration*