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BARDANE

Herbe aux teigneux, glouteron, copeaux 'famille des Synanthdrdes).

Description. Racine vivace et charnue, recouverte d’un épiderme d’un brun foncé ; tiges rameuses et velues ; feuilles cotonneuses ; fleurs violettes ; calice composé de plusieurs écailles dont l’extrémité s’accroche aux vêtements lorsqu’on s’en approche.

Lieux. Cette plante est très-commune dans les terrains incultes, au milieu des décombres ; elle fleurit pendant presque tout l’été.

Récolte. Sa racine se recueille au mois d’octobre; on la coupe par rouelles et on la fait sécher au four. On peut la récolter en tout temps pour l’employer fraîche.

Propriétés, usages. L’action principale de la bardane se porte sur la transpiration cutanée qu’elle augmente d’une manière marquée : c’est donc un médicament sudorifique. On l’emploie, en décoction, dans les dilférentes maladies de la peau, les affections syphilitiques et rhumatismales (Richard). La racine de bar-

(lane a ôté recommandée dans la goutte, le catarrhe pulmonaire, les dartres. Lobel assure que, cuite, elle provoque l’urine et expulse le sable. Ccsalpin la prescrit, en décoction, dans le crachement de sang.

Les feuilles de bardane sont vulnéraires, résolutives et cicatrisantes à l’extérieur; elles nettoient les ulcères, modifient avantageusement les plaies de la teigne, d’où son nom d’herbe aux teigneux. Appliquées fraîches sur la peau, elles y déterminent une exhalation favorable et peuvent ainsi remplacer, chez les pauvres, l’emplâtre de poix de Bourgogne (Bossu). Les cataplasmes de ces feuilles soulagent dans l’arthrite (gonflement et inflammation des articulations).

Gazin dit avoir vu un engorgement de cette nature, au poignet, se dissiper au moyen de cataplasmes de feuilles de bardane bouillies dans l’urine avec une suffisante quantité de son, appliqués matin- et soir, pendant quinze Jours, et recouverts avec des feuilles fraîches de la môme plante. Les semences de bardane, infusées dans du vin blanc, à la dose de 4 grammes pour un demi-litre de vin, ont été administrées avec succès dans l’anasarque (espèce d’hydropisie).

Percy employait le jus ou suc des feuilles de cette plante dans les écorchures avec inflammation, dans les croûtes de lait et la teigne.

Forestus rapporte qu’un malade retenu au lit par des douleurs de goutte, sans pouvoir remuer aucun do ses membres, et ne pouvant être guéri par aucun des remèdes que lui prescrivaient les médecins, fit usage de la décoction de bardane dans la bière, ce qui lui fit rendre une grande quantité d’urincs blanches semblables à du lait, et qu’il fut ainsi guéri de scs deulears.

Décoction (racine) , 15 à 30 grammes par litre d’eau.

La décoction de bardane doit être employée avec constance, si l’on veut en éprouver de bons effets; elle agit doucement et lentement.

Remèdes contre la gale et les dartres vives. Racines de bardane et de patience, de chacune 15 grammes ; faites-les bouillir avec une demi-livre de rouelle de veau dans trois litres d’eau qu’on réduira à deux bouillons. Ajoutez, à la dernière heure : cerfeuil, sommités de houblon, de chacun une poignée ; fumeterre, cresson de fontaine, de chacun une demi-poignée ; passez le tout par un linge avec une légère expression. Pour prendre le matin à jeun et le soir. On peut faire fondre dans chaque tasse 15 grammes de sulfate de soude. On se servira ensuite à l’extérieur de l’onguent suivant : fleurs de soufre, 20 grammes ; carbonate de potasse , 10 grammes ; graisse de porc , 80 grammes; on fait dissoudre le carbonate de potasse à l’aide d’un peu d’eau ; on ajoute le soufre, puis la graisse; on en frottera les dartres deux fois par jour, le matin en se levant, et le soir en se couchant.

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